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Produits laitiers/ Restructuration Entremont Alliance réorganise sa production et écrème ses effectifs

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Entremont Alliance devrait présenter le 13 janvier un vaste plan de « réorganisation globale ». La nouvelle structure, issue de la fusion entre la branche produits laitiers d’Unicopa et Entremont rationalise l’ensemble de ses services, de la collecte du lait aux services administratifs en passant par les services commerciaux. Du côté de son parc industriel, « 173 suppressions de postes » sont à prévoir, prévient le groupe. Son site de Montauban-de-Bretagne, récemment réaménagé, devrait accueillir l’activité de l’usine de Saint-Méen-Le-Grand, qui selon des sources syndicales devrait fermer d’ici la fin de l’année. Entremont Alliance, qui totalise 1,7 milliard de chiffre d’affaires, devrait également transférer la production de fromage de son usine de Carhaix sur son site de Guingamp, et reconvertir cette activité dans le lait concentré. Au total, 268 emplois pourraient être supprimés selon FO, dont 96 correspondraient à des transferts de postes.

Après le mariage, un peu de ménage. Maintenant que la fusion entre Entremont et la branche produits laitiers d’Unicopa est effective au sein d’Entremont Alliance cf. Agra alimentation, n° 1888, du 16 juin 2005, p. 1, la nouvelle société devrait présenter au comité central d’entreprise (CCE) du 13 janvier un vaste « plan de réorganisation globale », indique la direction du groupe. Un projet « destiné à sauvegarder sa compétitivité » et qui « concerne tous les secteurs de l’entreprise », affirme un communiqué. De la collecte du lait aux services administratifs en passant par les services commerciaux, tout devrait être passé en revue. Logiquement, le parc industriel va lui aussi être réorganisé pour supprimer les doublons, avec inévitablement des suppressions d’emplois à la clé. « La suppression de 173 postes » est ainsi envisagée.

Produire autant avec moins d’usines

Il s’agit pour Entremont Alliance de « faire en sorte que l’outil industriel soit utilisé au mieux, au moindre coût ». Le Nord-ouest du pays, avec un bassin de producteurs de lait très dense, devrait être le plus remanié. Pour produire autant avec moins d’usines, le groupe va transférer certaines activités sur des sites actuellement en sous-production. Ainsi, celui de Montauban-de-Bretagne, en Ile-et-Vilaine est en passe de devenir une « pièce maîtresse » de son outil industriel. 37,4 millions viennent d’y être investis pour lui donner une capacité de production de 40 000 tonnes. Alors que ses volumes actuels n’atteignent qu’environ 25 000 tonnes, le site va pouvoir accueillir l’activité de celui de Saint-Méen-Le-Grand : selon un délégué syndical Force ouvrière (FO), cette usine qui produit 12 500 tonnes d’Emmental, située à seulement 7 kilomètres de Montauban-de-Bretagne, serait menacée de fermeture d’ici la fin de l’année. Suite à cette rationalisation logique, sur les 170 salariés de l’usine, 74 devraient voir leur poste transféré.

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Reconversion d’usine

Selon nos informations, l’usine de Carhaix, qui emploie environ 300 personnes, pourrait également voir une partie de son activité transférée sur un autre site : sa production de 20 000 tonnes d’emmental serait interrompue et reprise par le site de Guingamp, qui avec un potentiel de 20 000 tonnes ne produit que 11 000 tonnes d’emmental. Mais la collecte de lait sera maintenue du côté de Carhaix : l’usine – dont la production de 25 000 tonnes de poudre de lait va perdurer – va partiellement se reconvertir dans l’extraction de protéines de lait et fournir d’autres sites en lait concentré. Sur cette zone de collecte éloignée, l’opération permettrait de réduire les coûts de transport. Enfin, le site de Saint-Agathon, dans les Côtes d’Armor, serait lui aussi directement concerné par cette réorganisation.

« Pas de fermetures sèches »

Au total, 268 emplois pourraient être supprimés selon FO, dont 96 correspondraient à des transferts de postes. « De toute façon, il n’y aura pas de fermetures d’usine sèches », confie une source syndicale proche du dossier. Cette grande réorganisation vise à mettre Entremont Alliance « en ordre de bataille » pour faire face à un marché très disputé au niveau européen. Annoncée en juin dernier, la création de ce nouveau groupe, qui regroupe 4 000 salariés – dont 3 650 dans l’Hexagone – répartis sur une trentaine de sites, avait clairement pour objectif de mettre sur pied un acteur de poids pour faire face aux géants comme Arla Foods ou Campina. Structuration la plus poussée de la filière en France avec une collecte de 2,2 milliards de litres de lait et une production de 195 000 tonnes de fromage et 65 000 tonnes de poudres laitières, Entremont Alliance totalise 1,7 milliard de chiffre d’affaires. Par ailleurs, si la société reste pour le moment contrôlée à 63,5% par la Compagnie nationale à portefeuille, détenue par le financier belge Albert Frère, la montée à parité d’Unicopa au capital serait sérieusement envisagée.