Après Nazard et Coralis en Bretagne, Entremont sera-t-il le troisième industriel à ne plus appliquer l’accord interprofessionnel sur le prix du lait signé en septembre avec les producteurs ? A Montauban-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) où le groupe fromager inaugurait le mercredi 20 octobre sa toute nouvelle usine d’emmental, le président du directoire, Nicolas Le Châtelier, et l’administrateur délégué, Gilles Samyn, ont souligné combien, selon eux, l’accord devait être revu.
Selon M. Samyn, représentant de l’actionnaire (à presque 100 % depuis cet été), la Compagnie nationale à portefeuille (groupe Albert Frère), l’accord « ne tient pas compte de l’évolution négative des prix de vente du prix des fromages », alors que le prix moyen de l’emmental a baissé en 2003 de 2 à 2,5 %, et plonge plus franchement en 2004.
La solution pour l’industriel ? Renégocier, sinon « Entremont fera son propre prix du lait », a martelé Nicolas le Châtelier, jugeant « inconcevable qu’il y ait en France un seul prix du lait alors que le mix produit diffère selon les entreprises ». Selon lui, « si nous ne revenons pas rapidement à la table des négociations un problème pourrait survenir rapidement ».
Entremont pèse 20% du quota breton
La parole d’Entremont pèse lourd en Bretagne ; le groupe savoyard y collecte 1 milliard de litre de lait chez 3 850 producteurs, soit 20 % du quota breton, transformés en fromages dans quatre usines. Lactalis collecte à peu près le même volume de lait en Bretagne.
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Autant dire que Marcel Denieul et Pascal Nizan, respectivement président de la section laitière de la FRSEA de l’Ouest, et en charge du dossier lait au bureau national des jeunes Agriculteurs, ont été très attentifs aux propos des leaders d’Entremont.
Marcel Denieul a indiqué, devant des journalistes, que la situation était prévisible, du fait de la non-intégration de la variation du prix des fromages dans l’accord. Par ailleurs, Marcel Denieul a affirmé que les industriels ont demandé, dans l’interprofession, à discuter de la mise en place d’un système pénalisant un taux trop élevé de matière grasse dans le lait. « Mais je ne pense pas qu’il sera accepté», a-t-il laissé entendre.