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Foie gras Epargné par l’influenza aviaire, l’alsacien Lucien Doriath se développe

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La PME Lucien Doriath, installée à Soultz-les-Bains (Bas-Rhin), a mis plus de canards à l’engraissement en 2016, pour pallier le manque de matière première dû à la crise de l’influenza aviaire qui a touché le Sud-Ouest. À l’avenir, elle veut développer ses volumes tout en en préservant son modèle intégré et durable qui lui permet d’obtenir des foies gras 100 % alsaciens produits en circuit court.

Si la filière de foie gras du Sud-Ouest se souviendra encore longtemps de l’année 2016 comme une des pires avec -25 % de volumes en moins à cause de l’influenza aviaire, l’Alsace fait figure pour l’instant d’un havre de paix. La région n’a été concernée ni par l’épizootie de H5N1 l’année dernière, ni pour l’instant par le virus H5N8. "Les régions proches ont été concernées, mais jusqu’à maintenant nous n’avons pas été touchés", explique Mickaël Doriath, directeur de la PME fondée en 1984 par son père Lucien Doriath. "Au début de l’année dernière, voyant que les volumes allaient manquer, nous avons mis 15 % de canards en plus à l’engraissement, soit 26 000 animaux au total", précise le dirigeant de la PME. L’entreprise accueille les canards à l’âge de 13 semaines, en provenance de 4 accouveurs alsaciens, et les élève, les gave, les abat et les transforme sur le même site de Soultz-les-Bains. En 2016, elle a elle-même valorisé l’ensemble de sa production, dont 13 tonnes de foie gras. Doriath est le seul producteur alsacien de foie gras totalement intégré, et en mesure de diffuser des produits 100 % alsaciens. Les plus grands transformateurs de la région, quant à eux, s’approvisionnent en foies en dehors de la région.

"Depuis le début de notre activité, nous avons toujours cherché à privilégier le circuit court, l’alimentation la plus naturelle possible et le bien-être animal", explique Mickaël Doriath, rappelant que l’entreprise a été à l’avant-garde des attentes des consommateurs d’aujourd’hui. "Nous allons continuer dans cette direction pour les prochaines années en mettant l’accent sur l’alimentation animale sans OGM et biologique, la transparence dans les méthodes d’élevages et d’abattage et la transformation", selon le directeur de Lucien Doriath. L’idée de produire selon les normes en vigueur pour l’élevage biologique, même si au final le foie gras ne pourra pas porter de label biologique, inexistant pour cause de gavage des animaux. L’entreprise ouvre ses portes à la visite depuis son lancement il y a trente ans. L’année dernière, elle a reçu pas moins de 7 000 visiteurs. Elle compte poursuivre dans cette voie en annonçant la création d’un musée du foie gras en Alsace, "opérationnel dans trois ou quatre ans", selon Mickaël Doriath, qui permettra d’accueillir davantage de visiteurs.

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Pour ce projet, qui fait partie d’un plan d’investissement plus large englobant la rénovation du restaurant gastronomique Lucien Doriath et de la boutique, la PME prévoit de dépenser 2 millions d’euros. "Le magasin commercialisera nos produits, mais fera aussi de l’achat revente de produits gastronomiques alsaciens", selon le directeur. "Ce sera aussi une manière d’accentuer la diversification de nos sources de revenus au cas où l’influenza aviaire arriverait en Alsace et perturberait notre production de canard", poursuit-il. En 2016, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 2,3 millions d’euros (+10 % par rapport à 2015), dont un million provenant des ventes directes et 450 000 euros avec la grande distribution. Elle prévoit de mettre à l’engraissement 27 000 canards cette année, et se fixe à terme d’arriver à 35 000 canards chaque année.