Abonné

Malterie/Stratégie Epis-Centre joue les outsiders de la filière mondiale du malt

- - 5 min

En prenant le contrôle total du belge Boortmalt, la coopérative Epis-Centre vise la place de numéro quatre mondial dans la filière malt. Après avoir racheté en juillet 2006 une malterie hongroise et pris en septembre la totalité des parts du malteur belge Boortmalt dont il détenait la majorité depuis deux ans, la coopérative du Berry Epis-Centre vise le top cinq des malteurs mondiaux. Elle dispose aujourd’hui de quatre malteries et commercialise 565 000 tonnes de malt par an. L’acquisition du belge Boortmalt lui offre par ailleurs un emplacement stratégique sur le port d’Anvers. Dès janvier 2007, Epis-Centre y disposera d’un terminal à containers. C’est un nouveau développement stratégique pour le groupe coopératif de Bourges qui compte bien mettre ces installations à disposition de tous les opérateurs français.

Nous n’avons pas l’ambition d’être le numéro 1 mondial de la production de malt, mais nous comptons bien jouer le rôle d’outsider sur ce marché », a expliqué Bernard Sargis, le directeur général d’Epis-Centre le 7 novembre dernier aux journalistes invités à visiter ses installations portuaires d’Anvers.

Depuis ses premiers contacts avec le belge Boortmalt, dont la famille détenait une malterie à Boortmeerbeek à proximité de Zaventem, une nouvelle malterie a été construite sur le port d’Anvers et mise en service en octobre 2004. Cette implantation porte désormais la capacité de production de l’outil industriel anversois à environ 250 000 tonnes de malt par an. L’usine traite une quantité d’orges d’environ 300 000 tonnes, dont environ 80 à 100 000 tonnes sont fournies par les producteurs de la coopérative Epis-Centre de Bourges.

Non loin de là, Epis-Centre dispose également de deux terminaux céréaliers d’une capacité totale de 320 000 tonnes, acquis à la suite de la prise de contrôle de Boortmalt. Ces deux terminaux lui permettent de développer un trafic d’import-export « de produits céréaliers et de biomasse », notamment du riz. « Ces différentes implantations nous permettent avant tout de bien nous positionner pour les courants d’exportation sur les pays tiers », explique le directeur général.

Nouvel investissement en Hongrie

Depuis ses premiers investissements dans la malterie d’Issoudun en 1993, Epis-Centre se sera hissé en l’espace d’une quinzaine d’années au sixième rang de la filière mondiale du malt. Durant le dernier exercice, il a réalisé pour cette activité-là, un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros avec un effectif de 335 salariés. De tels résultats sont à mettre au compte de ses implantations successives en Croatie (Nova Gradiska) où il dispose d’une usine neuve de 60 000 tonnes, puis à Pékin (40 000 tonnes) et tout récemment en Hongrie. Le groupe a en effet repris un des outils industriels du groupe Weissheimer d’une capacité de 60 000 tonnes à Dunaujvarös sur les rives du Danube. Cette dernière acquisition permettra au groupe de développer l’ensemble de ses activités en Europe centrale. En quasi faillite en 2006, Weissheimer produisait environ 400 000 tonnes de malt.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

acquisition
Suivi
Suivre

Après avoir approché le belge Boortmalt dans les années 1988-1989, pris une participation majoritaire en 2004 au moment où la famille construisait sa nouvelle malterie d’une capacité de 120 000 tonnes sur la darse n°6 du port d’Anvers, Epis-Centre a finalement racheté la totalité du groupe familial le 29 septembre dernier. Un rachat qui permet donc au groupe coopératif de disposer d’une position stratégique dans le port d’Anvers et de développer les courants d’affaires avec les pays tiers (Amérique du Sud, Asie et Afrique). Pour le compte de ses propres intérêts bien sûr, mais aussi pour le compte de ceux qui souhaitent bénéficier de la seule implantation française en matière de céréales dans le deuxième port européen. Déjà entre Issoudun et Anvers, circule chaque semaine un train entier d’orge et de malt…

C’est dans cette logique qu’Epis-Centre vient de créer une joint-venture avec IFB (ATO), une filiale des chemins de fer belges, pour développer le trafic de containers. Il aménage une plate-forme le long du canal où est implanté la malterie, ce qui va lui permettre d’accueillir péniches et bateaux. « Nous proposerons dès janvier 2007 ce type de prestations à l’ensemble de nos collègues », rajoute Bernard Sargis. Du côté d’Epis-Centre, la stratégie à cinq ans de la coopérative est claire : « nous avons la volonté de prendre en charge la valorisation de notre collecte pour ne plus être dépendant des règles communautaires de mise à l’intervention ».

Le groupe Epis-Centre a réalisé, rappelons-le, un chiffre d’affaires de 963,8 millions d’euros avec un effectif de 1704 salariés et dégagé un résultat net de 11 Me.