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Escherichia coli : une identification plus exacte

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Grâce à l'identification de nouveaux marqueurs génétiques, l’Anses a annoncé avoir trouvé un test plus rapide et plus précis permettant d’identifier Escherichia coli.

Les souches pathogènes d’Escherichia coli (E. coli) sont définis par la présence d’un gène permettant la production des shigatoxines, et d’un autre gène permettant une adhésion forte aux parois de l’intestin. Pour les jeunes de moins de 15 ans et les personnes âgées, ces souches pathogènes peuvent provoquer le Syndrome Hémolytique et Urémique (SHU) pouvant aller jusqu’à la mort.                                                            

Les deux gènes étaient identifiés individuellement par PCR via des échantillons pouvant contenir plusieurs souches. Or, une souche peut seulement avoir l’un des deux gènes et donc être inoffensives. Il suffit que deux souches aient chacune l’un des deux gènes pour être considérées comme pathogènes, créant des faux positifs. La séparation des souches n’étant pas pratique, des marqueurs génétiques permettant de « savoir si une même souche d’E. coli porte les deux gènes à risque » ont été identifiés, a expliqué l'Anses dans son communiqué. Ces nouveaux marqueurs ont permis de réduire de 51,9% le nombre d’échantillons supposés positifs pour les fromages au lait cru. De plus, ce test permet un résultat en 24 heures contre 4 jours pour les autres tests.

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E. coli : état des lieux en France

L'importance de cette découverte est cruciale. « On estime que, pour jusqu'à 10% des patients, l'infection à E.coli (productrice) de shigatoxines peut évoluer en SHU, avec un taux de létalité de 3 à 5% » rappelle l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En France, le nombre de personne atteint de SHU est passé de 81 en 1996 à 167 en 2020. Les aliments les plus à risque sont la viande hachée ou mal cuite, le lait cru et parfois les fruits et légumes. Des pistes de traitement sont suivies notamment grâce à des anticorps. Cependant, la seule technique totalement efficace est de chauffer ces aliments jusqu’à 70°C afin de détruire les bactéries.

E. coli a été au centre de nombreux scandales alimentaires, dont le plus récent au printemps 2022 dans des pizzas Buitoni, qui a conduit à la mort de deux enfants.