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Espoir prometteur d'élevage en pisciculture d'un mollusque riche en nutriments

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Les Tarets peuvent atteindre 30 cm en seulement six mois. Crédits : © Université de Plymouth

Des chercheurs britanniques se sont intéressés au taret, un mollusque à croissance rapide et affichant un très bon profil nutritionnel. Son possible élevage en pisciculture en ferait une nouvelle source de protéine alternative intéressante et non polluante.

Les tarets (teredo navalis), aussi appelés « vers de navire » et appartenant à la famille des Teredinidae, sont des mollusques surtout connus pour les ravages qu’ils peuvent causer sur des bateaux en bois, dont ils se nourrissent. D’après les chercheurs, il s'agit « des bivalves à la croissance la plus rapide au monde, puisqu’ils peuvent atteindre 30 cm de long en seulement six mois », explique le communiqué de l’université de Cambridge du 20 novembre 2023. 

Face aux besoins toujours croissant de trouver des sources alimentaires alternatives, des chercheurs britanniques des universités de Cambridge et de Plymouth se sont penchés sur la possibilité d’élever des tarets en pisciculture. Reuben Shipway, l’auteur principal de l’étude et maître de conférences en biologie marine à l’École des sciences biologiques et marines de l’université de Plymouth, étudie l’impact des vers de navire dans l’environnement marin depuis plus d’une décennie. Les résultats de cette étude ont été publiés le 20 novembre 2023 dans la revue Sustainable Agriculture. 

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Riche en nutriments

Les chercheurs ont ainsi découvert que les tarets qui sont récoltés dans la nature et essentiellement consommés dans les régions d'Océanie et d'Asie du Sud-Est, contiennent « des niveaux de vitamine B12 significativement plus élevés que les moules communes ». Et en supplémentant leur alimentation avec des extraits d’algues, l’équipe a également constaté que les tarets « contenaient une plus grande teneur en acides gras saturés à longue chaîne que les moules communes, et que la supplémentation avec des aliments microencapsulés (c’est-à-dire avec des aliments en suspension en aquaculture, ndlr) augmente la teneur en acides gras polyinsaturés ». Selon Reuben Shipway, la consommation de ces mollusques sera mieux acceptée globalement « comme substitut de viande blanche dans les aliments transformés comme les bâtonnets et les croquettes de poisson » que consommés tels quels. Et pour faciliter leur élevage, les chercheurs ont développé un système d’aquaculture système modulable, fermé et entièrement contrôlé, éliminant ainsi les problèmes de qualité de l’eau et de sécurité alimentaire qui touchent l’élevage de moules et d’huîtres. 

L’équipe teste actuellement différents types de bois et d’algues afin « d’optimiser la croissance, le goût et le profil nutritionnel » et travaille aussi avec Cambridge Enterprise, la branche de commercialisation de l'université, dans l’espoir d’étendre et de commercialiser son système d’élevage. Ce projet de recherche a notamment bénéficié des financements du Conseil pour la recherche en biotechnologie et sciences biologiques (BBSRC).