Le Royaume-Uni et l’Autriche persistent, dans le cadre des négociations sur les normes de commercialisation de la viande de volaille, dans leur volonté de laisser la possibilité aux industriels de vendre des produits de volaille « frais », même s’ils sont fabriqués à partir de viande congelée. Par ailleurs, députés agricoles et Etats membres s’accordent pour garder une interdiction claire de l’utilisation des produits de décontamination chimique.
Les normes de commercialisation de la viande de volaille ne devraient finalement pas concerner la définition même du produit, qui devrait rester « viande de volaille destinée à la consommation humaine, qui n’a subi aucun traitement autre qu’un traitement par le froid ». Les experts des Etats membres de l’UE et les eurodéputés agricoles refusent, en effet, le projet de la Commission européenne visant à supprimer la référence à tout traitement, formulée dans un premier temps pour ouvrir à la voie à l’autorisation, dans la Communauté, du poulet chloré américain.
En revanche, la Commission a réitéré sa volonté d’aligner les règles d’étiquetage en vigueur pour les produits frais à base de viande de volaille sur celles en vigueur pour les autres viandes selon, le principe « frais c’est frais, congelé c’est congelé ».
Le Royaume-Uni, avec le soutien de l’Autriche et de la Bulgarie, a cependant réclamé la création d’une nouvelle catégorie de produits « préalablement congelée ». Une proposition qui a cependant peu de chances d’aboutir. Une quinzaine d’Etats membres, parmi lesquels le Pologne, l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne et la France, défend l’approche de la Commission. La Suède, l’Irlande et la Belgique sont plus réservées.
Camouflet pour Neil Parish
De leur côté, les députés agricoles soutiennent, eux aussi, la proposition de la Commission visant à aligner les règles d’étiquetage de la viande de volaille et des produits à base de volaille sur les normes en vigueur pour les autres viandes. Ils ont plaidé pour qu’un produit ne puisse pas être vendu sous la mention « produit frais » s’il a au préalable été fabriqué à partir de volaille congelée, ce qui était possible jusqu’à présent. Et ce, malgré la bataille menée par le président de la commission de l’agriculture, Neil Parish.
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Pour les députés, seule la volaille ayant été maintenue à une température entre -2°C et +4°C peut être qualifiée de viande « fraîche ». Au contraire, M. Parish estime que cela va porter préjudice à certains produits typiquement britanniques, des brochettes ou nuggets vendus au rayon frais mais préparés à base de viande congelée, souvent importée du Brésil.
Par ailleurs, les députés ont plaidé pour l’indication obligatoire sur l’étiquette de l’origine de la viande afin de permettre aux consommateurs de faire leur choix en connaissance de cause. Ils demandent aussi l’ajout de la date d’abattage pour permettre une indication plus fiable de la fraîcheur du produit.
De plus, ils demandent le retrait formel du texte législatif de tous les éléments susceptibles d’ouvrir la voie à l’introduction des « poulets chlorés » sur le marché européen et soulignent que la viande destinée à la consommation humaine ne doit subir « aucun autre traitement que le froid ».