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États-Unis/Chine : Washington fait pression sur Pékin

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Alors que la Chine n’a toujours pas respecté ses engagements d’achats agricoles dans le cadre de la phase 1 de l’accord commercial sino-américain signé en janvier 2020, les États-Unis tentent d’inverser la tendance en menaçant Pékin de mesures de rétorsion.

À l’occasion d’un discours prononcé à Washington au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) basé à Washington, le 4 octobre, concernant la nouvelle stratégie commerciale américaine vis-à-vis de la Chine, la représentante au Commerce, Katherine Tai, a indiqué que les États-Unis étaient prêts à faire pression sur Pékin afin qu’il respecte l’ensemble des engagements pris dans le cadre de la phase 1 de l’accord commercial sino-américain signé le 15 janvier 2020. À cette fin, elle a prévenu qu’« il faudra être prêt à déployer tous les outils de coercition et à explorer le développement de nouveaux outils, y compris en collaborant avec d’autres pays ».

Lire aussi : « États-Unis/Chine : Pékin ne respectera pas ses engagements en 2020, selon un centre de recherche américain »

Bien que les exportations vers la Chine aient augmenté ces dernières années, elle estime que « la part de marché diminue et l’agriculture reste un secteur imprévisible pour les agriculteurs et les éleveurs américains qui en sont venus à dépendre fortement de ce marché ». Et de regretter « la mise en place par les autorités chinoises de mesures qui limitent ou menacent l’accès au marché pour les producteurs et leurs résultats financiers ». De son côté, le secrétaire américain à l’Agriculture, Tom Vilsack, a souligné par visioconférence qu’il était « absolument nécessaire pour les États-Unis de se concentrer sur les résultats de la première phase afin que la Chine adhère pleinement à l’accord ». Une fois l’objectif atteint, cela permettra, explique-t-il, « de procéder plus rapidement à des approbations d’importations de cultures génétiquement modifiées cultivées aux États-Unis et de relancer les exportations ».

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Encore loin du compte

Selon l’Institut Peterson d’économie internationale (think tank basé à Washington), la Chine n’a acheté que pour 27,3 Mrds $ de denrées alimentaires, de produits agricoles et de produits de la mer en 2020 au lieu des 33,4 Mrds $ prévus dans l’accord. Et pour les huit premiers mois de l’année 2021, Pékin a acheté pour 17,9 Mrds $ sur les 40,4 Mrds $ prévus pour l’ensemble de l’année, d’après les données des exportations américaines. Toutefois, le think tank américain montre que l’écart est encore plus important lorsqu’il est mesuré par les données d’importation enregistrées dans les ports chinois avec un différentiel de 12 Mrds $ sur l’année 2020.

Lire aussi : « Accord États-Unis/Chine : Pékin tente de respecter ses engagements d’achat de produits agricoles »

Détaillant sa nouvelle approche, Katherine Tai a expliqué que les premières étapes consisteraient à échanger sur les objectifs atteints ou non par la Chine dans le cadre de l’accord de phase 1. « La Chine a pris des engagements qui profitent à certaines industries américaines, notamment l’agriculture, que nous devons faire appliquer », prévient-elle. D’autres points consisteront à soulever, « les graves préoccupations américaines concernant les pratiques commerciales de la Chine, centrées sur l’État et non axées sur le marché, et qui n’ont pas été abordées dans l’accord de phase 1 ».