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Étiquetage de l’origine : Bruxelles reporte sa décision

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Bruxelles reporte au 5 juillet sa décision concernant la demande de la France d’expérimenter l’étiquetage de l’origine des viandes et du lait. La nouvelle inquiète les professionnels qui rapportent des pressions exercées à Bruxelles par les industriels européens.

Des sources concordantes indiquent que le ministère de l’Agriculture français a reçu une lettre de la Commission européenne lui indiquant qu’elle reporte au 5 juillet sa décision de valider ou non la demande d’expérimenter l’étiquetage obligatoire de l’origine des viandes et du lait pour les entreprises françaises. Le report de cette décision attendue pour le 12 juin inquiète en France les professionnels proches du dossier, qui rapportent une forte pression des organisations européennes de transformation et d’abattage de viande, notamment le Clitravi, dont le président n’est autre que Robert Volut, par ailleurs président du syndicat français des industriels de la charcuterie (Fict). « Ce report n’est pas un bon signe, rapporte un proche du dossier. La majorité des pays du Nord de l’Europe, mais aussi l’Espagne sont défavorables à ce texte ». Les professionnels craignent que les industriels de ces pays ne tentent de faire amender le texte proposé par la France, et ne remettent en cause l’accord politique obtenu par le ministre de l’Agriculture en marge du Conseil des ministres de l’Agriculture le 14 mars. « Il y avait un accord, il appartient au ministre de l’Agriculture de le faire respecter », estime un représentant.

Les JA s’impatientent

La majorité des pays du Nord de l’Europe, mais aussi l’Espagne sont défavorables à ce texte

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Par ailleurs, les syndicats d’agriculteurs s’impatientent, notamment les Jeunes agriculteurs qui ont manifesté leur mécontentement dans un communiqué le 15 juin. « Cela fait des mois, des années que Jeunes Agriculteurs milite pour que l’étiquetage de l’origine de la viande et du lait soit obligatoire pour les produits bruts et transformés, rappelle le syndicat. Face à nos demandes, la France a bougé, mais la Commission européenne reste silencieuse… Serons-nous enfin entendus ? » Les Jeunes Agriculteurs sont « toujours en attente d’une confirmation écrite du président Junker pour pouvoir avancer », expliquent-ils.

Porc : vers un ajustement de la réglementation des promos

L’arrêté du 10 juin 2015 sur les règles de promotion de la viande de porc fraîche avait une durée de validité d’un an. Elle vient d’être dépassée, et les discussions se poursuivent entre le ministère de l’Agriculture et les professionnels de la filière porcine pour préparer la publication d’un nouvel arrêté. Côté professionnels, le syndicat d’industriels Culture viande était opposé à sa reconduction, mais une majorité a été trouvée à l’Inaporc pour un nouvel arrêté qui « assouplisse » la réglementation. L’Inaporc demande l’élargissement des périodes de promotion et l’assouplissement des taux autorisés ; dans le détail, elle veut accorder aux distributeurs 6 semaines de promotion libre (en plus des promotions fixes de janvier et septembre) ; elle souhaite en parallèle réduire à 15 jours (un mois aujourd’hui) les promotions de janvier et septembre. Le reste de l’année, l’Inaporc souhaite que les promotions restent réglementées, mais plaide pour que le taux maximal de 50 % de baisse par rapport aux fonds de rayon soit porté à 70 %. Les professionnels constatent que les promotions pratiquées actuellement (en dehors de janvier et septembre) ne correspondent pas à l’élasticité du prix du porc ; elles ne joueraient pas pleinement leur rôle de stimulateur de ventes. Selon le ministère de l’Agriculture, le niveau moyen de promotion pratiqué depuis la mise en place de l’arrêté n’excède pas 40 %. Pour les professionnels, c’est la « peur du flic », qui dissuade les distributeurs d’aller jusqu’à 50 % ; en effet, des contrôles de l’administration avaient été conduits en grande distribution, peu de temps après la parution de l’arrêté pour en contrôler la bonne application.