Initiée il y a deux ans, la déclinaison de l’« Étiquette bien-être animal » pour le porc sera lancée au Space, en septembre. Ce sera la première incursion hors du poulet de chair pour l’association AEBEA, qui regroupe professionnels et ONG welfaristes.
La déclinaison de l’« Étiquette bien-être animal » pour le porc sera lancée le 13 septembre au Space de Rennes, a annoncé l’association AEBEA lors d’une conférence de presse le 10 mai. « Les premiers produits étiquetés sont attendus en fin d’année », précise un dossier de presse. Un aboutissement pour cette démarche de longue haleine démarrée il y a deux ans. À la manière du Nutri-score, l’Étiquette bien-être animal comporte cinq niveaux de A à E. Les produits porcins seront classés en fonction de plus de 300 critères – dont 150 pour la seule étape d’abattage. La castration à vif (interdite depuis le début de l’année) et de la caudectomie (coupe des queues) y « seront traités », promet Louis Schweitzer, président de l’AEBEA.
Un tiers des producteurs de poulets
L’association compte parmi ses membres plusieurs poids lourds de la filière porcine : le leader Cooperl et les salaisonniers Herta et Fleury Michon. Attendue de longue date, cette déclinaison dans le porc marque un élargissement du spectre de l’AEBEA vers les produits transformés (jambon notamment). « Nous allons travailler avec les restaurateurs, ainsi que sur les rayons traditionnel et rôtisserie », ajoute Séverine Fontaine, de Carrefour.
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Lancée en 2017, l’AEBEA rassemble une vingtaine de partenaires, ONG, distributeurs, acteurs des filières (Loué, Galliance, etc.), ainsi que l’Inrae à travers le LIT Ouesterel. L’Étiquette bien-être animal ne concerne actuellement que le poulet de chair, avec quelque 90 millions d’animaux (dont 60 millions élevés en plein air, soit en Label rouge soit en bio). Début 2022, les Volailles de Janzé et les Volailles de l’Orléanais ont rejoint la démarche, qui regroupe désormais un tiers des aviculteurs français. L’association est « en réflexion » sur les œufs. La démarche s’annonce « moins compliquée que pour le cochon », d’après Louis Schweitzer, en raison notamment de l’existence d’un affichage obligatoire du mode de production. Approchée, la filière bovine « hésite » et montre des « réticences envers un étiquetage qui valoriserait certains producteurs plus que d’autres », constate M. Schweitzer.
Appel à « porter le sujet » au niveau de l’UE
Par ailleurs, alors que la Commission européenne étudie la possibilité d’un étiquetage harmonisé du bien-être animal au niveau communautaire, l’AEBEA appelle la présidence française de l’UE à « porter ce sujet », d’après Agathe Gignoux. Parmi les 24 systèmes étudiés par Bruxelles, l’Étiquette bien-être animal est « le seul à répondre en totalité aux critères », affirme celle qui est aussi responsable des affaires publiques de CIWF France.