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Fromages/Investissement Eurial-Poitouraine remodèle le tour de table de son projet mozarella

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Conformément à ce qu’elle avait annoncé à la fin de l’été, après le départ d’un de ses partenaires, Célia rachetée par Lactalis, le groupe coopératif nantais Eurial-Poitouraine a bouclé un nouveau tour de table pour concrétiser son projet stratégique d’usine de fabrication de fromage ingrédient à Herbignac, en Loire-Atlantique. Le ministère de l’Agriculture a confirmé en retour les aides européennes et nationales. En revanche, Laïta a été surpris d’avoir été écarté du projet et Lactalis, qui développe un projet concurrent, sans espoir d’aide aussi importante, « s’interroge sur l’effet restructurant » si les « nouveaux associés d’Eurial n’apportent pas de lait à Herbignac ».

Dans un communiqué de presse, le groupe coopératif annonce que « la grande fromagerie d’Herbignac (Loire-Atlantique) est lancée », précisant que Ingrédia, Sodiaal et Bonilait (filiale de 3A) rejoignent le groupe laitier des Pays de la Loire et du Poitou-Charentes. Ces partenaires apportent respectivement 42 millions, 28 millions et 14 millions de litres de lait dans le projet d’usine qui doit fonctionner à terme, avec 270 millions de litres pour fabriquer 30 000 tonnes de fromage type mozzarella.

Parallèlement, les trois nouveaux apporteurs de matière première s’engagent financièrement dans le plan d’investissement de 53 millions d’euros. Ingrédia signera un chèque de 3 M EUR, Sodiaal 2 millions et Bonilait 1 million. Au détour d’une simple ligne dans son communiqué, Eurial-Poitouraine annonce que Laïta « ne participe finalement pas à ce projet », sans plus de commentaire. En fait, c’est là une véritable surprise et que n’a pas apprécié l’intéressée. Cette société commerciale basée à Brest représente les intérêts industriels de ses trois actionnaires, les groupes laitiers coopératifs du Finistère Coopagri Bretagne et Even et celui de Loire-Atlantique Terrena (Laiterie du Val d’Ancenis) dont elle commercialise les beurres et fromages sous la marque « Paysan Breton ». Or tous avaient très tôt été approchés par Eurial-Poitouraine pour ce projet d’Herbignac.

Dans un communiqué reçu 24 heures plus tard, Laïta indique qu’elle « a souhaité continuer la discussion et participer à la rédaction d’un protocole liant les actionnaires dans le cadre d’un nouveau tour de table», et ce malgré le départ de Célia qui « a perturbé les conditions de mise en œuvre du projet ». Mais le groupe Eurial-Poitouraine « n’a pas voulu donner à Laïta les garanties qu’elle demandait sur les modalités de gestion du site », a précisé Christophe Couroussé, porte-parole de Terrena qui s’exprimait au nom de Laïta.

Eurial-Poitouraine va donc se substituer totalement à Laïta en montant sa participation financière et laitière dans le projet. Le groupe laitier qui collecte 700 millions de litres de lait mettra dans l’usine près de 180 millions de litres et investira 12,8 M EUR, selon Hubert Durand. Eurial Poitouraine y voit l’avantage de diminuer d’autant sa production de produits industriels pour conforter sa production de fromages.

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Parallèlement, le groupe nantais va créer, en participation minoritaire, une société commune avec Ingrédia, spécialiste des ingrédients laitiers nutritionnels pour les IAA, cette filiale commune prenant le nom de « International Dairy Ingredients » ou IDI. A sa charge, la commercialisation des ingrédients fonctionnels des deux entreprises ainsi que des dérivés du lactosérum de la grande fromagerie mozzarella.

Une force de 235 M EUR en produits industriels

Les deux sociétés additionneront leurs savoir-faire et leurs implantations commerciales, parfaitement complémentaires sur le marché mondial. Les 23 000 tonnes d’ingrédients d’Eurial-Poitouraine cumulées aux 80 000 tonnes d’Ingrédia donneront un chiffre d’affaires total de 235 M EUR. Dans un second temps, il est prévu que Bonilait Protéines (groupe 3A, actionnaire du projet mozzarella) entre à son tour dans IDI. Cette société devrait entrer en activité dès le 1er janvier 2007.

L’usine mozzarella, elle, devrait entrer en service dans le courant de 2008, selon Hubert Durand. Le projet , bien qu’assis sur un nouveau tour de table, aurait toujours, selon Eurial Poitouraine, « la confiance de l’Etat, de l’Europe et des collectivités qui apportent un soutien financier » dans la mesure où il promet une centaine de créations d’emplois et assure un débouché nouveau aux producteurs de lait du Grand Ouest, « représentant l’équivalent de la production de 1000 exploitations laitières ».