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edito Eurocompatibilité

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Tout l’appareil d’Etat, du président de la République aux ministres de l’Agriculture et de l’Environnement se sont empressés de dire son fait au Conseil d’Etat après son arrêt invalidant le boycott français du maïs OGM Mon810. En dépit de la position de la haute cour, le gouvernement va chercher d’urgence une nouvelle raison de boycotter ces semences. Ce faisant, la France réitère son refus d’appliquer une décision européenne confirmée par la Cour de justice en septembre.
Au-delà de la question de savoir si le MON 810 est un produit dangereux ou non, la position française est pour le moins contestable sur le plan du droit et de l’image donnée à l’Europe. A l’heure où la crise financière réclame plus de solidarité européenne, à l’heure où l’Italie et la Grèce ont accepté, bon gré mal gré, de se plier à la discipline de l’UE, la France donne, avec cet exemple, l’impression qu’elle fait fi du droit et des procédures de l’Union. On n’ose pas imaginer l’image que cela donne du pays auprès des autres membres, à Bruxelles.
Bruno Le Maire a su, pour d’autres dossiers, prendre son bâton de pèlerin et tenter de convaincre les Européens de se rallier à la position française. Voilà, sans doute, l’attitude qu’il eut fallu adopter depuis plusieurs mois. D’autant que l’opposition du pays au MON 810 ne date pas d’hier (mais il est vrai que la partie aurait sans doute eu du mal à être gagnée). Faute d’une démarche forte de cette nature, la France apparaît aujourd’hui piétiner et le droit et les décisions de l’UE. Et préparer, à la va-vite, une nouvelle opposition plutôt empreinte d’électoralisme. Ce qui est d’autant plus étonnant que l’on sait Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire partisans des progrès issus de la biotechnologie.

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