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Eurogerm reste à l’affût d’opérations de croissance externe

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À l’occasion de la publication de ses résultats annuels, qui marquent un rattrapage au second semestre, Eurogerm a annoncé qu’il prévoyait de diviser par deux son dividende cette année. Si la crise a mis un coup d’arrêt au bon déroulement de l’activité sur les premiers mois de l’année, le spécialiste des ingrédients de panification s’estime bien armé pour passer ce cap difficile. Eurogerm compte également poursuivre sa stratégie d’acquisitions ciblées pour renforcer ses positions à l’international.

Après un premier semestre difficile, Eurogerm a, comme prévu, redressé la barre sur la seconde moitié de son exercice. Le spécialiste des ingrédients et auxiliaires technologiques pour la filière blé-farine-pain, a ainsi annoncé le 16 avril, un chiffre d’affaires annuel stable à 115,9 M€ (+0,1 %). L’activité sur les 6 premiers mois avait « légèrement reculé dans un contexte de tensions à l’international ayant conduit au non-renouvellement de commandes par trois clients à l’export », rappelle le groupe. À noter qu’au 2e semestre, les ventes ont enregistré une croissance de 13,4 % sur un an. L’Ebitda s’élève à 11,8 M€ (-10,0 %) et le résultat d’exploitation recule de 15,9 % à 9 M€, soit 7,8 % du chiffre d’affaires (contre 9,2 % en 2018). Une baisse de la rentabilité en 2019, liée non seulement au ralentissement observé au premier semestre, mais aussi aux investissements importants réalisés au cours des dernières années. Il est vrai qu’Eurogerm a ouvert pas moins de quatre filiales hors du territoire au cours des 24 derniers mois. Mais les performances affichées au second semestre 2019, avec un redressement du résultat courant (+2,6 %) et une marge courante qui remonte à 8,9 % du chiffre d’affaires, « démontrent la résilience du groupe et sa capacité à maintenir une croissance rentable ». De son côté, le résultat net (part du groupe) progresse de 2,9 % à 7,0 M€, après prise en compte de la plus-value de cession de 0,9 M€ de sa filiale IDS Solutions au groupe Nutrisens à l’automne (Agra Alimentation du 16 octobre 2019).

Comme beaucoup l’on déjà annoncé dans le contexte actuel, le conseil d’administration d’Eurogerm a décidé de réduire le dividende. Il sera donc proposé à l’assemblée annuelle du 17 juin 2020 de verser un dividende de 0,23 € par action cette année, contre 0,45 € l’an dernier. Rappelons que le capital d’Eurogerm est majoritairement entre les mains de son président, Jean-Philippe Girard, à hauteur de 62,6 % (1), via le holding Mobago. Unigrains est présent dans ce holding de tête, dans lequel il a renforcé sa participation à 33,3 % en juillet 2018. Parmi les autres actionnaires du groupe, figurent également le japonais Nisshin Seifun, spécialiste de la meunerie avec 14,7 % (1) et CM-CIC avec 8,4 % (1), alors que seulement 13,1 % (1) se trouvent dans le public.

Poursuite de la croissance externe

Après un démarrage prometteur en 2020, sur la lancée du dernier semestre 2019, Eurogerm constate depuis début avril « un léger ralentissement » et estime « qu’un impact défavorable sur le second trimestre est à envisager ». Le groupe ne donne pas plus de détails, au regard des incertitudes sur l’évolution de l’épidémie de Covid-19, mais reste confiant sur sa capacité de croissance.

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Eurogerm reste également à l’affût d’éventuelles opérations de croissance externe. « Nous regardons sur toutes les zones », confirme Benoît Huvet, le directeur général délégué, sachant qu’en France le groupe occupe déjà une position de leader ou co-leader, alors qu’il est absent de certaines zones dans le monde. Aujourd’hui, Eurogerm réalise 70 % de ses activités hors de France. « Tout sera question d’opportunité. Nous pourrions aussi choisir de nous renforcer dans des zones où nous sommes déjà, comme les Etats-Unis notamment, qui est un territoire tellement vaste ». La crise actuelle va inévitablement précipiter les difficultés pour les entreprises les plus faibles et accélérer les prises de décisions de cessions par les vendeurs. Une poursuite de sa politique d’acquisitions d’autant plus réalisable que le groupe n’aura pas de difficultés de financement. Outre de potentiels crédits auprès de ses banques, il peut aussi compter sur le soutien de ses actionnaires/partenaires, et notamment d’Unigrains. A noter qu’au 31 décembre, la trésorerie nette totale d’Eurogerm, « sous l’effet de la génération de trésorerie de l’exercice (dont 9,2 M€ de marge brute d’autofinancement), s’améliore de 5,4 M€ à 14,7 M€ ».

ernier rapport annuel publié, c’est-à-dire celui de 2018.