Dans un récent rapport présentant les défis et les opportunités pour le futur de l’industrie agroalimentaire, FoodDrinkEurope avertit que les barrières au marché unique européen et les incertitudes qui entourent le Brexit pourraient affecter la croissance économique de l’industrie agroalimentaire européenne.
Alors que, selon leurs propres projections, les dirigeants de l’industrie agroalimentaire de l’UE prévoient d’augmenter la valeur ajoutée du secteur de 2,5 à 3,5 % par an d’ici 2025 (1), ceux-ci estiment toutefois que cette ambition est menacée, à la fois, par les obstacles qui se dressent sur le chemin du marché unique européen et par le retrait du Royaume-Uni de la famille européenne. Ce qui, à leurs yeux, ajoute un niveau supplémentaire de complexité et d’incertitude pour les entreprises des deux côtés de la Manche. FoodDrinkEurope (FDE), le lobby de l’industrie agroalimentaire de l’UE, tout en rappelant que le marché unique « est l’une des plus grandes réussites de l’UE », estime que la renationalisation ainsi que les différentes interprétations de la législation européenne par les États membres entravent de plus en plus les entreprises du secteur de l’alimentation et des boissons au sein de ce marché.
FDE considère que dans le cadre d’une stratégie ambitieuse et globale pour le marché unique, la Commission européenne devrait renforcer son rôle afin de veiller à ce que la législation communautaire soit correctement appliquée et que la législation nationale ne fragmente pas le marché unique dans les domaines où la législation alimentaire est harmonisée. Dans les domaines où elle n’est pas (encore) harmonisée, la simplification et la clarification du fonctionnement de la reconnaissance mutuelle, selon FDE, s’avèrent tout à fait essentielles. Pour aider l’industrie agroalimentaire à rester un champion mondial et un employeur de premier plan, FDE estime primordial que les décideurs politiques européens s’engagent dans une stratégie industrielle européenne forte et ambitieuse qui la soutienne.
Brexit : une période de transition tout à fait essentielle
FDE rappelle que le Royaume-Uni est le plus grand partenaire commercial de l’UE à 27 dans le secteur des denrées alimentaires et des boissons et que les chaînes d’approvisionnement sont étroitement intégrées. Des dispositions transitoires s’avèrent donc essentielles pour que les entreprises se préparent à la future relation UE à 27. FDE souligne que la durée de ces dispositions transitoires devrait être déterminée « par les besoins des entreprises pour se préparer au nouveau régime commercial de l’UE à 27 et non par des exigences politiques ». En outre, les négociateurs des deux parties doivent s’efforcer de parvenir à un accord ambitieux et équilibré qui permette aux entreprises agroalimentaires de rester compétitives.
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Alors que le marché unique est le principal marché de l’industrie alimentaire et des boissons de l’UE, qui génère environ 90 % de son chiffre d’affaires, FoodDrinkEurope souligne par ailleurs que l’accès aux marchés des pays tiers ouvre de nouvelles perspectives. Elle estime que l’UE devrait poursuivre son programme d’échanges bilatéraux visant à conclure des accords commerciaux ambitieux et équilibrés avec les pays tiers. La ratification en temps opportun et la mise en œuvre ainsi que l’application rigoureuse des accords négociés est tout aussi importante (comme avec le Vietnam et le Japon).
Pratiques commerciales déloyales : pas de surcharge réglementaire
Pour le lobby de l’industrie agroalimentaire, toute future législation-cadre sur les pratiques commerciales déloyales (PCD), devrait mettre l’accent sur le renforcement de la mise en œuvre et permettre de maintenir les approches nationales efficaces existantes. La lutte contre les PCD qui, selon lui, « surviennent à n’importe quel stade de la chaîne alimentaire » devrait être au cœur des initiatives de la Commission européenne tout en évitant toute surréglementation. Il souligne que l’UE se doit de tenir pleinement compte de la complexité de la chaîne ainsi que du développement des alliances au sein du secteur de la distribution européenne.
Aziz Ben Marzouq
(1) Selon FoodrinkEurope, l’industrie alimentaire et des boissons de l’UE est sur la bonne voie avec son ambition de croissance : la valeur ajoutée ayant augmenté de 3,4 % entre 2013 et 2014.