Abonné

Syndicalisme Europe et efficacité de l’organisation au menu du congrès de la FNSEA

- - 4 min

Explorer toutes les voies possibles pour améliorer l’efficacité de la FNSEA : voilà la rude tâche à laquelle s’attellera le congrès de la FNSEA qui se tient à Auxerre (Yonne) du 30 mars au 1er avril. Un rassemblement qui sera également consacré aux perspectives de réforme de la Pac, plusieurs représentants d’agriculteurs européens étant invités pour débattre de la question lors d’une table ronde de la journée de clôture. Un sujet remis au premier plan après les propos de Nicolas Sarkozy affirmant qu’il est prêt à aller à une crise pour éviter un démantèlement de la Pac.

L’actualité européenne et politique française s’est rappelée au congrès de la FNSEA. Par ses propos d’après élections régionales, Nicolas Sarkozy a, indirectement redonné une importance toute politique à la dimension européenne du congrès de la FNSEA (30 mars-1er avril). La table ronde en journée de clôture, réunissant cinq représentants d’agriculteurs de pays européens (Allemagne, Irlande, Angleterre, Espagne, Hongrie) permettra de voir dans quelle mesure existent ou non des terrains communs pour une Pac forte et unifiée. Mais les congressistes demanderont aussi à Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, d’exposer plus en détail la position française visant à maintenir une Europe régulatrice sur les marchés agricoles. Bruno Le Maire aura, les jours précédents, participé à un conseil agricole consacré à la question.

Dacian Ciolos en vidéo
Si ce n’est le ministre français, ce sera le commissaire européen Dacian Ciolos qui pourra indiquer, par voie de vidéo enregistrée, le chemin que l’Europe agricole pourrait envisager d’emprunter. « Tout le monde sait que c’est au niveau européen que les choses doivent bouger », explique Jean-Michel Lemétayer. Sceptique, il affirme néanmoins qu’il faut « arrêter les consensus mous ou les consensus où on se couche ». Pour le président de la FNSEA, l’urgence est aujourd’hui d’indiquer le rôle qu’on assigne à l’agriculture « et non pas de savoir si on va garder notre enveloppe (budgétaire) ».
En somme, il s’agit de définir ce que les agriculteurs peuvent espérer ou non d’une politique agricole d’après 2013. Sur le terrain, les cadres de la FNSEA effectuent d’ailleurs des tours de France pour lancer les analyses et débats sur la Pac du futur.

Organisation plus réactive
La fédération n’attend cependant pas cette échéance pour réfléchir à son organisation et à son efficacité. C’est bien le thème du rapport moral, préparé par un comité de 24 membres, sous la houlette du secrétaire général Dominique Barrau. Un travail réalisé à la lumière d’une année « remarquable » au sens propre du terme, selon Dominique Barrau : le bilan de santé de la Pac, la crise laitière, le congrès 2009 animé, l’action vérité de la FNSEA sur les marges de même que le rassemblement d’octobre… la fédération a connu une année mouvementée. Encore une fois, les relations entre le syndicalisme agricole et les citoyens ont conditionné l’action syndicale, de même que l’accélération des processus de décision de la part de l’État. De tout cela, les dirigeants du syndicat tirent l’enseignement qu’il faut rendre l’organisation plus réactive, plus efficace : accélérer la circulation de l’information, adapter le réseau à l’émergence de pouvoirs régionaux (Jean-Michel Lemétayer de rappeler que la FNSEA est une fédération de fédérations départementales). Réfléchir sur le syndicalisme « de responsabilité » notamment vis-à-vis des interprofessions, mais aussi au syndicalisme revendicatif, au syndicalisme de projet, avec quels moyens, quelles relations avec les autres associations, le monde rural… autant d’enjeux qui montrent que la FNSEA doit concilier une ambition européenne avec des contraintes locales.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.