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OCDE Evaluation de l'impact agricole des soutiens aux engrais et aux biocarburants

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Une étude de l'OCDE tente d'évaluer l'impact des soutiens publics dans deux secteurs aujourd'hui essentiels pour l'agriculture : les engrais et les biocarburants. Conclusion : ces soutiens se traduisent, au niveau international, par une augmentation de 1 % du revenu agricole et de 1 à 7 % des productions végétales. Les conséquences pour l'élevage sont toutefois moins positives.

« Les politiques de soutien des biocarburants génèrent une demande additionnelle de matières premières, et donc plus de revenu pour les producteurs du secteur végétal dans les pays qui accordent ces subventions et ceux qui n'en octroient pas. En revanche, elles accroissent les coûts en aval, y compris ceux de l'élevage, ainsi que pour les consommateurs. Les politiques de soutien pour les engrais réduisent les coûts des productions végétales et augmentent donc les rendements, la production et les revenus des agriculteurs du secteur dans les pays qui pratiquent ces subventions. Toutefois, elles réduisent ces revenus dans les autres pays, tandis que les éleveurs dans les deux groupes de pays enregistrent des coûts plus bas pour l'alimentation animale et, en conséquence, des prix plus bas pour les animaux ». Tel est le tableau dressé par une étude de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur la base de données couvrant 48 pays, y compris l'UE et ses États membres (1).

« Pour chaque dollar dépensé »....

Des subventions importantes sont octroyées pour les engrais, aux niveau des agriculteurs ou de cette industrie, en Indonésie, Russie, Chine et Inde, constate l'étude de l'OCDE. Elles représentent 12,5 % des prix des engrais et des terres en Chine, et de 28 % des coûts de production des engrais en Russie à 68 % en Indonésie.

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Le soutien à l'utilisation des biocarburants, essentiellement sous la forme de réductions ou exemptions fiscales, est largement répandu, mais de nombreux pays appliquent aussi un régime d'incorporation obligatoire dans les carburants (« biofuel mandates »), soulignent également les auteurs. Selon eux, la production végétale mondiale (blé, céréales secondaires, oléagineux, sucre) serait jusqu'à 7 % inférieure à son niveau actuel en l'absence de soutien aux engrais et aux biocarburants. Les prix des matières premières destinées aux biocarburants chuteraient de 2 % (oléagineux), tandis que l'élimination des soutiens pour les engrais accroîtrait les prix des productions végétales de 6 % au maximum (sucre, riz paddy).

Globalement, ajoutent les auteurs, le soutien accordé aux engrais et aux biocarburants augmenterait les revenus agricoles de quelque 1 %, cet impact étant essentiellement lié aux « biofuel mandates ». Enfin, estime l'étude, « chaque dollar dépensé pour soutenir les biocarburants accroît les revenus agricoles mondiaux de plus de 0,9 $, tandis qu'un dollar dépensé en subventions aux engrais les augmente d'à peine 0,05 $ ».

(1) « Fertiliser and biofuel policies in the global agricultural supply chain - Implications for agricultural markets and farm incomes »