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PRODUITS LAITIERS/STRATÉGIE Even : cap sur le monde

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PRODUITS LAITIERS/STRATÉGIE > Pour le groupe coopératif laitier Even, premier actionnaire de Laïta, la fin des quotas laitiers ouvre des opportunités de développement sans précédent. Le groupe s'y est préparé par l'investissement, l'innovation et l'internationalisation. La fusion d'Even avec l'Armoricaine Laitière, coopérative des Côtes-d'Armor, est au programme

En 2014, le chiffre d'affaires du groupe Even (5 350 salariés) a progressé de 5 % à 2,2 milliards d'euros. Even répartit son activité entre le lait (60 % du chiffre d'affaires, dont la totalité de Laïta), la distribution alimentaire (25 %) et l'amont agricole. Even est le premier actionnaire de Laïta, aux côtés de Terrena et Triskalia. Laïta a collecté l'an passé 1,4 milliard de litres de lait (+ 7 %) auprès de 3 750 producteurs. À ce rythme, Even peut légitimement viser les 1,6 milliard de litres d'ici à 2018, a expliqué Guy Le Bars, président d'Even, lors de la conférence de presse annuelle du groupe coopératif. Alors que dans les campagnes s'expriment des sentiments d'inquiétude face à la volatilité des prix annoncée dans une Europe désormais sans quotas laitiers, les adhérents d'Even semblent avoir confiance dans la stratégie de leur coopérative. « Les plus récentes enquêtes nous disent que plus des trois quarts d'entre eux veulent augmenter leur production », ajoute Guy Le Bars. Dans un grand sourire, Christian Couilleau, directeur général du groupe, considère que la fin des quotas laitiers en Europe ouvre une ère nouvelle. « Il n'y a jamais eu autant d'opportunités. Mais, c'est vrai, il n'y a pas d'opportunités sans incertitudes », dit-il. Aujourd'hui, les dirigeants d'Even considèrent que la feuille de route suivie par l'entreprise est à même « de créer suffisamment de valeur pour ses adhérents » et les inciter à produire plus demain.

L'INTERNATIONAL ET DES PRODUITS À FORTE VALEUR AJOUTÉE

Even a fait le choix d'investir massivement dans ses outils (six usines en propre) pour donner plus de valeur à ses produits laitiers. Sa filiale Laïta a annoncé l'an passé un investissement stratégique de 80 millions d'euros dans les ingrédients secs, sur 2015 et 2016. En 2014, le groupe a injecté près de 40 millions d'euros dans les ingrédients santé (protéines et lactosérum déminéralisé) ou encore dans la production de crêpes. Il prévoit cette année d'injecter 70 millions d'euros dans ses usines pour disposer des capacités de fabrication de produits à plus haute valeur ajoutée. Car le groupe coopératif ne cesse d'innover (une centaine de personnes en recherche et développement). Objectif : consolider sa place en France où sa marque Paysan Breton occupe de solides positions en beurre, fromage, ultra-frais, lait et crêpes, et se développer à l'international. D'abord en Europe avec des filiales « en plein essor », dit Even. Le groupe exploite des usines en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie et en Espagne depuis l'an passé. Surtout, le groupe veut doper ses ventes hors d'Europe, là aussi en faisant évoluer le mix produits de ses ingrédients secs (90 000 tonnes) vers des produits de valeur (laits infantiles, poudres fermentées, poudres au beurre, lactosérum déminéralisé, etc.). « Nous ne voulons plus exporter des produits low-cost », insiste Christian Couilleau.

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FUSION AVEC L'ARMORICAINE LAITIÈRE

Dans le lait, seule activité internationalisable (1,3 milliard d'euros), le chiffre d'affaires d'Even réalisé en France atteint 62 %, les ventes en Europe 20 % et sur pays tiers 18 %. Les ventes hors d'Europe ne doivent-elles se concevoir qu'au départ de l'ouest de la France ? « Nous sommes sollicités, c'est vrai, pour aller ouvrir des usines ailleurs. Mais nous considérons que nous ne sommes pas prêts », précise Guy Le Bars. Quant à l'idée d'ouvrir le capital de Laïta à de nouveaux acteurs laitiers, l'idée fait toujours son chemin. D'ici juin, lorsque leurs assemblées générales se seront prononcées, L'Armoricaine Laitière, coopérative des Côtes-d'Armor, devrait fusionner avec Even, son partenaire historique. La confiance des éleveurs laitiers dans la stratégie d'Even ne tient pas qu'à ses seules orientations laitières. Selon le directeur général Christian Couilleau, l'activité d'Even dans la distribution alimentaire contribue aussi à rassurer les éleveurs. Cette activité fondée sur un réseau appelé Krill détient une multitude d'enseignes alimentaires qui livrent partout en France, principalement la restauration commerciale et collective. Elle joue un rôle de stabilisateur de résultats parce qu'elle n'a pas été exposée à la volatilité des prix du marché international. Si ses fondamentaux constituent de vrais leviers de croissance, comme le pensent ses dirigeants, alors Even peut espérer atteindre les 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2020, avec une part à l'exportation de 50 %.