« Il faut éviter que les terres agricoles soient une réserve sans fin sur laquelle pomper pour d’autres activités », a déclaré André Barbaroux, directeur général de la FNSafer à l’occasion d’un débat sur le paysage organisé par le Groupe Monde rural. Et d’expliquer quelles pouvaient être les solutions.
Comment préserver les paysages dans un univers sans cesse sous la pression de l’urbanisation ? Comment faire en sorte que les prélèvements sur les zones rurales soient moins lourds ? S’il en est qui ont réfléchi à la question, c’est bien au sein de la FNSafer, notamment depuis la rédaction d’un rapport sur la question. L’Allemagne consomme moins de ressources foncières pour son développement que la France constatait André Barbaroux lors d’un débat du groupe Monde rural sur le sujet le 6 septembre. Pourtant, en matière de développement économique, l’Allemagne aurait plutôt des leçons à donner à la France. Elle vient même de décider de réduire de moitié ces prélèvements sur le foncier rural. Vaste ambition… partagée par le Québec. Cette région canadienne, expliquait le DG de la FNSafer, a analysé les besoins de développement à venir autour du Saint Laurent, en a déduit de manière volontariste ce qui pouvait être préservé en termes de ruralité et a, en quelque sorte, « sanctuarisé » ces zones. Alors qu’en France un zonage a une durée de vie de deux ans à peine, les Québécois comptent rendre beaucoup plus difficile la remise en cause de leurs propres zones.
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Volonté politique
Moins prélever sur le rural est donc une question de volonté politique mais aussi de technique. André Barbaroux constate ainsi qu’il y a bien des moyens de densifier les zones urbaines plutôt que de les voir s’étendre sans cesse : construire des bâtiments commerciaux sur plusieurs étages avec parkings en sous-sol plutôt que des grandes surfaces d’un seul étage ; construire des petits immeubles plutôt que des zones systématiquement pavillonnaires sans aucune unité ; augmenter pour cela les coefficients d’occupation des sols utiliser les friches urbaines, qui deviendront moins coûteuses lorsque les zones rurales seront mieux protégées ; intégrer systématiquement la notion de paysage dans les grands projets. Autant de solutions qui nécessitent par nature la collaboration entre élus des villes et ceux des zones rurales.