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Évolution du Nutri-score : la filière laitière dans l’incompréhension

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Avec la révision du Nutri-score, le lait liquide passe dans la catégorie des boissons et descend dans les catégories B et C. La nouvelle suscite l’inquiétude chez les acteurs économiques.

« On ne comprend pas ». C’est avec surprise que la directrice du Cniel, Caroline Le Poultier, a découvert que le lait serait désormais intégré à la catégorie des boissons et non plus des aliments dans la classification du Nutri-score. « Dans les cours de nutrition, le lait et les produits laitiers sont toujours classés dans une même catégorie, distincte des boissons », explique-t-elle. Ce changement figure dans un rapport publié fin avril par le comité scientifique en charge du Nutri-score portant sur la révision des règles de calcul du logo d’affichage nutritionnel pour les boissons.

Il a été adopté en avril par le comité de pilotage réunissant les sept pays européens ayant adopté le logo. « Le lait est avant tout un aliment », revendique le président de Syndilait, Éric Forin. Le représentant des fabricants de lait liquide dit son incompréhension de voir le lait rejoindre la même classification que l’eau ou les jus de fruits. « Boire du lait au petit-déjeuner, ce n’est pas pour s’hydrater », argumente celui qui est aussi directeur général de Candia, en soulignant également l’usage du lait comme ingrédient en cuisine.

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De A à B et de B à C

Conséquence de l’évolution du Nutri-score, les laits écrémés et demi-écrémés seront en majorité classés B, tandis que le lait entier sera classé C, soit une place au-dessous de la classification antérieure (généralement A pour le lait écrémé et demi-écrémé et B pour le lait entier). « Les laits écrémés et demi-écrémés se retrouvent dans les classes de Nutri-score les plus favorables pour les boissons », assure le médecin nutritionniste à l’origine du Nutri-score, Serge Hercberg, dans un message sur Twitter. La catégorie A est réservée à l’eau. Caroline Le Poultier souligne cependant le coût du changement des emballages pour les opérateurs. Plus encore, l’interprofession redoute les conséquences en termes d’image et une « mauvaise interprétation » de la part du consommateur face au déclassement du lait.

Pour calmer les inquiétudes, la direction générale de la Santé (DGS, ministère de la Santé) organise une réunion de présentation le 7 juin. Les parties prenantes concernées par les évolutions du Nutri-score, dont le Cniel, sont conviées pour connaître le calendrier et les modalités de mise en application des recommandations du comité scientifique. Malgré leur déception, les laiteries continueront d’afficher le Nutri-score sur leurs emballages, affirme le vice-président de Syndilait et président-directeur général de la Laiterie Saint-Denis de l’Hôtel (LSDH), Emmanuel Vasseneix. « C’est aussi une information consommateur qui a des bienfaits », relève-t-il. Dans l’attente d’une réglementation européenne sur un affichage nutritionnel simplifié, l’affichage du Nutri-score reste volontaire.

Intégré à la catégorie des boissons et non plus des aliments