Le groupe coopératif Champagne Céréales affiche un résultat net consolidé de 15,9 millions d'euros, en hausse de 55,3 % par rapport à 2001/2002, malgré un chiffre d'affaires en léger retrait (-3,3 %) à 989,1 millions d'euros. Le résultat net part du groupe atteint 8 M€. Si la coopérative et la malterie (Malteurop) sont les principales activités qui tirent le chiffre d'affaires vers le bas, ce sont Champagne Maïs (semoulerie), Malteurop (malterie) et NutriXo (meunerie) qui contribuent à l'amélioration du résultat net consolidé.
La coopérative à elle seule affiche un chiffre d'affaires de 531 M€ (-5,3 %) pour un résultat net de 3,7 M€ (+12 %) dont 1,4 M€ seront reversés sous forme de dividende aux 9 300 adhérents. « C'est le fruit de 30 ans d'investissement dans l'aval et dans l'amont, souligne Jean de Bohan, président du groupe. C'est un juste retour des choses». En 2003, la direction a entrepris une vaste réflexion sur la maîtrise des coûts qui ont conduit à une baisse des charges de 4 % (soit 2,3 M€) en 2002/2003. Cette démarche appelée « plan de progrès » va conduire dans les années à venir à une réorganisation des équipes de terrain, en supprimant les structures régionales et en donnant un rôle accru aux sections. Le plan prévoit aussi une meilleure gestion de la logistique, la création d’une direction « achat » pour tout le groupe (coopérative et filiales) et enfin la suppression progressive de 80 emplois, soit 10 % des effectifs. « Nous ne ferons pas de plan social ni de licenciement », affirme Jean de Bohan. Les départs reposeront sur des départs anticipés, un non renouvellement des CDD et des départs en retraite ou individuels. « L’objectif de ce plan est de simplifier les structures de façon à mieux réagir aux évolutions de marchés et de conduire à une économie de 9 millions d’euros » souligne le directeur général.
Résultat record pour Malteurop
Les filiales amont voient leurs résultats nets baisser en 2002/2003, mais ils restent satisfaisants, avec 301 000 euros pour Berry-au-Bac (engrais) (- 10 %) et 137 000 euros pour Champ'Energie (carburant) en recul de 55 %. En revanche, les filiales de transformation affichent d'excellents résultats. Ainsi, Malteurop a un résultat consolidé de 11,2 M€, en progression de 72 % par rapport à l'exercice précédent. Un record. « La France, l'Espagne et l'Allemagne tirent le marché, souligne Laurent Jubert, et nous avons stoppé notre activité en Argentine, comme prévu. » Le groupe prévoit une augmentation de la capacité malterie mondiale de 12 à 15 % et une concentration des brasseurs à l'horizon 2006. Malteurop a programmé la construction d'une nouvelle usine d'une capacité de 80 000 t qui devrait entrer en production en juillet 2004.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Désendettement important pour NutriXo
La filiale meunerie NutriXo se porte aussi très bien avec un chiffre d'affaires de 670 M€ et un résultat net de 10,7 M€ (+ 57 %). « Nous avons atteint notre premier objectif qui est de se désendetter, souligne le directeur général ; ainsi le désendettement est passé de 200 M€ à 100 M€ en 2 ans ». Ce dernier souligne qu'il y a un grand débat au sein de Nutrixo car, de par son histoire, la société doit gérer un grand nombre de marques. De plus, elle voit son activité surgelés progresser. " Du fait des 35 heures, les boulangers achètent de plus en plus de pain tout prêt" ,ajoute Laurent Jubert qui s'inquiète par ailleurs de la fragilité de la filière meunerie en France liée au fait qu'il y a trop de moulins. Champagne Maïs, 2 e semoulier français, affiche un résultat net de 723 000 euros en hausse de 12 %, malgré un chiffre d'affaires en baisse de 4 % à 22 ME. Champagne Maïs a pour missions de mieux valoriser la capacité d'écrasement de l'usine.
Céréales : différencier prix moyen et prix du jour
Lors de la présentation des résultats du groupe le 16 décembre à Reims, Jean de Bohan, le président de Champagne Céréales, a voulu bien faire la différence entre les deux modes de rémunération dont peut bénéficier l'agriculteur adhérent lorsqu'il vent ses céréales : le prix moyen et le prix du jour. "
Nous devons désormais nous habituer à une très grande volatilité du prix des céréales, ce qui est nouveau, a-t-il rappelé. Nous devons répondre aux attentes de certains adhérents qui veulent être responsables de la date de mise en marché de leur production". Actuellement 97 % de la collecte est vendu au prix moyen. "L
e prix d'acompte est faible, mais il y a eu des compléments en septembre, octobre et il y en aura encore, a précisé le président.
2,7 % de la collecte est aujourd'hui vendu au prix du jour. Si nous passions à 50 %, la coopérative ne serait alors qu'un prestataire de services et changerait de métier". Jean de Bohan met en garde :
"Le prix moyen ne doit pas être le prix d'intervention du prix du jour !"