Mise en avant des démarches d’autocontrôles, mise en chantier d’une charte « éthique » de la filière fruits et légumes… Les métiers d’expéditeur et de grossiste, souvent assez peu visibles aux yeux du grand public, ont profité de la tenue du Medfel, le salon des fruits et légumes qui se tenait du 23 au 25 avril à Perpignan, pour lancer des démarches destinées à mieux se faire connaître et à valoriser les pratiques vertueuses de la filière.
Valoriser les bonnes pratiques existantes. À l’heure où se multiplient, au sein de la production de fruits et légumes, les labels, logos et démarches tendant à rassurer le consommateur sur l’enjeu des produits phytosanitaires, les trois syndicats représentant expéditeurs et exportateurs (Aneefel), importateurs (CSIF) et commerces de gros (UNCGFL) en fruits et légumes ne veulent pas être en reste.
Ils ont d’abord annoncé leur décision de constituer une association autour de leur démarche d’autocontrôle Fel Partenariat. Cette démarche créée en 2010 est centrée autour de quatre procédures d’autocontrôles visant à donner des garanties en matière de surveillance des résidus de produits phytosanitaires mais aussi de traçabilité ou d’hygiènes des fruits et légumes. Elle est conventionnée par la DGCCRF. En 2017, près de 107 entreprises y avaient adhéré, commercialisant plus de 2 millions de tonnes de fruits et légumes, soit « un tiers des 6 millions de tonnes qui sont commercialisées chaque année », précise Daniel Corbel, président de l’Aneefel. « On veut informer sur ce qui est fait depuis 10 ans et que le public ne connaît pas », a précisé Alain Kritchmar, vice-président du Csif et premier président de la nouvelle association, alors que 3000 contrôles ont été réalisés dans le cadre de Fel Partenariat l’année dernière, en plus de ceux réalisés par la DGCCRF.
Un budget pour « communiquer de manière plus large »
La création d’une association répond à la volonté de se doter d’un budget afin de « pouvoir communiquer de manière plus large » notamment par la création d’un logo afin de se « faire reconnaître aussi bien des grossistes que des distributeurs et des consommateurs ». « On veut aller vers du B to C pour la communication car on pense que cela répond à des enjeux citoyens », insiste Laurent Grandin d’Interfel. Pour l’instant, il n’est pas prévu que le logo soit apposé sur des emballages, mais uniquement sur les contrats ou les outils de communication des entreprises adhérentes.
Mais « ce n’est pas une démarche que l’on veut fermer, on veut créer des passerelles avec d’autres métiers, notamment la distribution », rappelle pour sa part Daniel Corbel (Aneefel). Le but serait ainsi à terme d’avoir un signe suffisamment distinctif pour que la distribution s’approvisionne de manière privilégiée auprès des entreprises engagées dans la démarche.
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Mise en chantier d’une « charte éthique » de la filière fruits et légumes
Une autre démarche de progrès a été mise en avant au Medfel. Ce n’est encore qu’un document non contraignant, mais l’Aneefel et plusieurs organisations de producteurs (dont l’AOP Cerise et l’AOP Raisin mais aussi Prince de Bretagne ou les fraisiculteurs de Carpentras) ont signé à l’occasion du salon une déclaration d’intention en vue de l’élaboration au deuxième semestre 2018 d’une « charte nationale d’une production éthique et d’une mise en marché respectueuse des fruits et légumes ». Le document veut engager les différents bouts de la filière (production, expédition, grossistes) autour « d’un projet collectif » visant à répondre « aux attentes sociétales, aux enjeux commerciaux et aux exigences réglementaires ».
Centrée autour de six axes (qualité des produits, sécurité des aliments, promotion des terroirs et du savoir-faire… etc.), la charte visera à « une reconnaissance globale des efforts mis en place par la filière, du producteur à la mise en vente » notamment en matière de contrôle des produits phytosanitaires, indique Stéphane Gari, président des expéditeurs de Provence et l’un des porteurs du projet au sein de l’Aneefel. Le respect de la charte serait sanctionné par un logo et un slogan visible du consommateur. « Notre but c’est également d’obtenir une reconnaissance HVE du ministère », précise Stéphane Gari.
« Cette charte sera un moyen de formaliser ce que les acteurs font déjà, notamment pour les producteurs qui ne sont dans aucune démarche », juge pour sa part Sabine Alary d’Interfel. À la clé, un logo « présent 365 jours par an et tous produits ». Et pour les expéditeurs, une occasion de rappeler à travers cette charte transversale « qu’ils sont ancrés dans un terroir, sur un terrain avec des producteurs ». Reste à écrire les termes précis du document. Des groupes de travail mixte production-expédition vont plancher dans les prochains mois sur le contenu de la charte, pour une mise en œuvre en 2019.