« Que les politiques reprennent la main sur les Commissaires », a suggéré le président de la FNSEA au sortir de l’Elysée où il a été le premier visiteur du président de la République. Le lendemain, la nomination de Christine Lagarde à l’Agriculture augurait-elle du nouveau ? Rien n’est moins sûr, si l’on repense à son rôle discret de ministre déléguée au Commerce extérieur qu’elle a exercé depuis 2005. Après plus de vingt ans passés aux Etats-Unis comme avocate dans le grand cabinet d’affaires de Chicago, Baker & McKensie, elle a été chargée de défendre la ligne de Jacques Chirac sur la question agricole à l’OMC. C’est elle qui a rappelé à l’ordre le commissaire européen Peter Mandelson qui franchissait allègrement la ligne jaune de son mandat en proposant de nouvelles baisses de subventions agricoles. Dans sa charge au Commerce extérieur, elle pouvait en effet mesurer le poids du tandem agriculture-agroalimentaire dans la balance française.

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A présent, ces expériences devraient servir. Si l’on en juge par les propos qu’elle a livrés en marge de son premier Conseil agricole à Mayence, Christine Lagarde prône surtout la continuité en évoquant entre autres la défense des subventions européennes à l’exportation. « La France va développer la même politique à l’égard de l’agriculture», avance-t-elle, car «l’agriculture constitue un des éléments de la souveraineté des pays ». Et, en l’absence de progrès au niveau multilatéral, elle défendra la nouvelle stratégie de négociations commerciales bilatérales menée par l’Union. Les Etats-Unis ne font-ils pas de même ?