On n’entendait que ce raisonnement depuis des années : « l’avenir de l’exportation agricole française se trouve en Europe ». Cessons d’exporter sur les pays tiers avec des coûteuses restitutions et concentrons-nous sur le Vieux continent et sur des produits à label. Le secteur de la volaille était cité comme exemplaire.

Patatras ! En ce qui concerne la volaille, ce beau raisonnement s’avère tout faux. La réalité c’est que nos exportations vers l’Europe se cassent la figure, notamment parce que nos voisins ont mis en place des filières volailles avec des usines de transformation qui s’approvisionnent chez eux ou auprès des pays émergents comme le Brésil ou la Thaïlande. Si on ajoute que, l’an dernier, la consommation de produits sous label a eu tendance à se réduire au profit de volailles standard (la faute au pouvoir d’achat en berne) on verra à quel point les stratèges et prévisionnistes se sont trompés.

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Deux chiffres le montrent : nos exportations vers l’Union européenne ont régressé l’an dernier de 12 % ; nos ventes vers les pays tiers ont progressé de 11 %.

Qu’est-ce cela montre ? Non qu’il faille pendre haut et court les savants économistes, rois de la prévision. Cela montre simplement que, dans les domaines agricoles, il faut être pragmatique, ne pas enterrer d’emblée un marché et ne pas trop privilégier un autre. Certains diront que les ventes hors d’Europe coûtent cher en subventions et qu’elles ruinent les productions locales. La somme exacte, pour soutenir l’export de volailles de l’UE, est de 90 millions d’euros, moitié moins que ce que les règles de l’OMC nous permettraient d’attribuer. Des restitutions qui n’existent pas sur les ventes à l’Afrique, donc qui ne ruinent pas la production locale. Voilà une réalité qui devrait faire réfléchir les concepteurs des futures politiques agricoles.