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Exportation de vins et spiritueux : de bons chiffres 2019... trompeurs

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L’exportation de vins et spiritueux a connu un nouveau record en 2019, mais les chiffres ne font pas apparaître pleinement le coup d’arrêt des ventes de vins tranquilles (hors effervescents) vers les États-Unis, a indiqué la Fédération des exportateurs (FEVS) le 12 février à sa conférence de presse de bilan annuel.

Les opérateurs français des vins et spiritueux ont réalisé un nouveau record sur les marchés extérieurs : 14 Mrds€, soit une hausse de 5,9 %. Ces exportations ont généré un excédent de 12,7 Mrds€, en hausse de 8,5 %. Cette performance fait du secteur le deuxième poste excédentaire, derrière l’aéronautique (31 Mrds€ d’excédent, en hausse de 29,2 % en 2019), et devant les parfums et cosmétiques (12,5 Mrds€, en hausse de 9,6 %), a souligné Antoine Leccia, président de la FEVS. Dans le compartiment global des vins et spiritueux, l’exportation des vins a progressé de 4,4 % à 9,3 Mrds€ et celle des spiritueux a grimpé de 8,8 % à 4,7 Mrds€.

Si l’on extrapole sur un an, la perte sera de 300 M€

« Une part significative de cette progression résulte des envois d’anticipation réalisés dans un contexte international de fortes tensions commerciales », a commenté la FEVS. La taxe américaine de 25 % a entraîné une perte de 40 M€ au dernier trimestre par rapport au dernier trimestre de 2018. Son effet est dilué dans les excellents résultats des trois premiers trimestres. Mais si l’on extrapole sur un an, la perte sera de 300 M€, selon la FEVS.

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L’imposition de cette taxe porte un coup à l’exportation qui fonctionnait le mieux, à savoir l’exportation vers les États-Unis. Ce pays trône en tête, et de loin, du tableau des vingt premiers marchés des vins et spiritueux français diffusé par la FEVS : 3,7 Mrd€ en 2019, soit 26,6 % des exportations. Le deuxième marché, le Royaume-Uni, représente un peu moins de 1,4 Mrd€, pour une part de 9,9 % des exportations.

S’ajoutant aux revers sur le marché américain, le ralentissement des importations chinoises de vin est venu pénaliser particulièrement les vins européens. Ceux-ci ne bénéficient pas, comme les vins d’Australie et du Chili, de droits de douane nuls à l’entrée en Chine. Le recul de l’exportation vers la Chine s’est élevé à 4,7 %. Le coronavirus rajoute un frein à l’export vers la Chine à court terme, mais ce frein devrait être desserré à partir de mars-avril quand l’épidémie s’estompera, selon Philippe Castéja, p.-d.g. de Borie Manoux, maison de négoce et de production de grands crus de bordeaux. Par ailleurs, l’exportation française est en hausse de 9,3 % vers le Japon. Un effet direct de l’abolition des taxes à l’entrée dans ce pays depuis février 2019.

« Nous sommes dans une conjoncture qui n’est pas facile, mais nous allons nous battre à travers nos filiales outre-Atlantique et sur les autres marchés, comme nous avons su toujours le faire », a résumé, Louis-Fabrice Latour, négociant et producteur en Bourgogne.