Alors que les enseignes de grande distribution mettent en avant, ces dernières semaines sur fond de Covid-19, certains produits agricoles français, « la solidarité sur l’écoulement des volumes ne suffit plus », estime la Confédération paysanne dans un communiqué du 1er avril. « Nous attendons de la distribution plus de responsabilité également en matière de transparence sur les prix d’achat et de vente », lance-t-elle. Le syndicat minoritaire demande par ailleurs que les mises en avant de produits français « se multiplient » et s’élargissent aux produits sous signe de qualité.
La Conf' revendique aussi « une répartition des marges plus équitable » : « Plus une vente ne doit se faire en dessous nos coûts de production », insiste-t-elle. « Notre travail est aujourd’hui reconnu d’utilité publique », avance la Confédération paysanne, s’appuyant sur le discours gouvernemental qui considère l’alimentation comme une priorité. « Il doit donc être valorisé comme tel et nous exigeons des pouvoirs publics des mesures fortes pour permettre en ces temps inédits une juste rémunération de notre travail. »
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Cette demande de la Conf' pour des prix planchers fait écho à une récente lettre ouverte de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), demandant une mesure similaire (1). De son côté, dans un communiqué du 31 mars, le Modef s’est prononcé en faveur d’un prix plancher « pour garantir un revenu [aux agriculteurs] pendant cette crise sanitaire ». « Ce prix plancher tient compte de l’évolution des coûts de production en fonction des bassins de production et des revenus des producteurs de chaque filière agricole », précise le syndicat. Le Mouvement de défense des exploitants familiaux « exige » notamment l’application du coefficient multiplicateur inscrit dans la loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux. Ce texte prévoit qu'« un coefficient multiplicateur entre le prix d’achat et le prix de vente des fruits et légumes périssables peut être instauré en période de crises conjoncturelles définies à l’article L. 611-4 ou en prévision de celles-ci ».
« La solidarité sur l’écoulement des volumes ne suffit plus »