Abonné

Agrofournitures Face aux marchés, le monde végétal et le monde animal ne sont pas sur le même pied

- - 4 min

Tous les acteurs de l’agrofourniture se sont réunis le 22 novembre à Paris lors du Forum Agrofournitures organisé par l’Afja (Association française des journalistes agricoles). Semences, engrais, phytosanitaires, nutrition animale. Pour chacune de ces filières, 2012 est incontestablement marquée par la hausse du prix des matières premières. Pourtant, face aux réalités du marché, le monde végétal et le monde animal ne sont pas logés à la même enseigne. Le monde végétal s’en sort incontestablement mieux.

Les chiffres marquent. « Le chiffre d’affaires 2011/2012 du secteur des semences français est de 2 930 millions d’euros. La balance commerciale, elle, est de 666 millions d’euros, soit une augmentation de 11% par rapport à 2010/2011 », a déclaré Joël Bosson, représentant de l’UFS (Union française des semenciers) au Forum Agrofournitures organisé par l’Afja (Association française des journalistes agricoles) le 22 novembre à Paris. Il retient en particulier que les surfaces en maïs ont progressé sur la dernière campagne de 71 715 hectares contre 55 528 hectares pour la campagne 2010/2011. Les résultats de la campagne 2011/2012 sont aussi positifs pour l’UIPP (Union de l’industrie de la protection des plantes). « Le chiffre d’affaires métropole de la campagne agricole 2011/2012 est de 1 980 millions d’euros contre 1 823 millions d’euros pour la campagne précédente », a annoncé Jean-Charles Bocquet, directeur général de l’UIPP. Les performances financières du secteur des semences et des phytosanitaires sont incontestables. La flambée du cours des matières premières n’a pas altéré la progression de leurs chiffres d’affaire, au contraire. Un résultat qui devient un peu moins net pour l’Unifa (union des industries de la fertilisation).
« Pour la campagne 2011/2012, la production d’amendements minéraux basiques a progressé de +8,4% par rapport à 2010/2011. Mais ce n’est pas le cas de la production d’engrais dont la production recule de 13% en un an », a constaté Gilles Poidevin, délégué général de l’Unifa (Union des industries de la fertilisation). Globalement, l’agrofourniture du monde végétal s’en sort positivement et c’est aussi le cas des agroéquipementiers. « Les prévisions pour 2012 tablent sur un marché de 5,43 milliards d’euros. C’est un record historique », a indiqué Alain Savary, délégué général d’Axema (union des industriels de l’agro-équipement).

Faible croissance de la nutrition animale

Si le résultat net calculé par le Snia (Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale) est positif, il est à peine positif. « Le résultat net pour 2012 est de 0,6%. Ce n’est pas très brillant », a analysé Stéphane Radet, directeur du Snia. Des évolutions quasiment nulles également en termes de volume produit. « En 2011, la production était de 21,3 millions de tonnes. En 2012, elle est de 21,1 millions et pour 2013, la même tendance est attendue », explique-t-on au Snia. Si le tableau dressé n’est pas fortement négatif, la faiblesse des résultats est à relier à l’état des filières animales. C’est ce que ne manque pas de rappeler le directeur du Snia. L’avenir des fabricants d’aliments est lié à celui des éleveurs français. Ainsi, en 2012, la production d’aliments pour les porcs a diminué de 3%. Un chiffre qui est un indicateur du mauvais état de la filière française porcine. Quoi qu’il en soit, les fabricants d’aliments « qui font tampon » entre le marché des matières premières et celui des filières animales assurent avoir absorbé près de 450 millions d’euros liés à la hausse du prix des matières premières. La dépendance du monde animal et du monde végétal est incontestable. Mais, exposés à la flambée des cours, les résultats économiques de l’un et de l’autre sont singulièrement opposés.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.