Le ministère de l’Agriculture, Vivea (fonds de formation agricole) et Pôle emploi ont signé un accord national pour accompagner les transitions professionnelles des agriculteurs, le 18 novembre. Plusieurs aides sont disponibles pour la formation et/ou la reconversion professionnelle. L’aide au départ proposée par le ministère est conditionnée à un départ « définitif » des activités agricoles… « Une forme d’ingérence », dénonce la FNSEA.
Un « accord-cadre national » entre Pôle Emploi, Vivea et le ministère de l’Agriculture a été signé le 18 novembre, a annoncé Stéphane Le Foll en conférence de presse. Cet accord vise « à accompagner et former les chefs d’exploitation dans leurs reconversions et transitions professionnelles ». « C’est la première fois qu’un tel partenariat est réalisé », selon un communiqué du ministère. L’idée est de compléter une annonce du Pacte de consolidation et de refinancement des exploitations agricoles annoncée par le Premier ministre le 4 octobre dernier. S’agissant du nombre d’agriculteurs concernés, Christiane Lambert, présidente de Vivea et première vice-présidente de la FNSEA, rapporte : « Le ministère de l’Agriculture a tablé sur 5 000 agriculteurs ». Mais elle complète : « C’est difficile d’estimer. En production laitière, ça va dépendre du rebond. »
Soutien à la formation
Concrètement, Vivea, dans le cadre du congé formation, apporte une prise en charge de la formation plafonnée à 2 500 € par personne, pouvant être complétée par des cofinancements. Vivea y consacre 5 M€ sur 2017 et 2018 avec une possibilité de « mettre plus si besoin », affirme Christiane Lambert. En outre, le ministère apporte aussi la possibilité de financer des formations jusqu’à 2 500 euros, selon un communiqué. Enfin, Pôle Emploi interviendra, lui, selon le ministère, dans le cadre de sa mission de mise en œuvre des parcours de formation professionnelle, en mobilisant notamment les moyens supplémentaires alloués dans le cadre du « Plan 500 000 formations ».
Aide au départ
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Parallèlement au soutien pour la formation, le ministère a prévu « une aide au départ de 3 100 € par actif (majorée de 50 % en cas de déménagement) ». Cette mesure est en partie décriée par les syndicats agricoles. Pour l’heure, l’agriculteur doit attester sur l’honneur, entre autres, « de son intention de cesser définitivement » son « activité de nature agricole » pour avoir droit aux aides à la réinsertion professionnelle. « La Coordination rurale juge révoltante la signature d’une convention Maaf-Pôle emploi-Vivea le 18 novembre », selon un communiqué, le 22 novembre. Cet accord « présenté comme un accompagnement spécifique […] s’inscrit en réalité pleinement dans la politique de démantèlement de l’agriculture », selon le syndicat. La FNSEA, elle, dénonce « une forme d’ingérence ». Christiane Lambert demande une limitation à cinq ans de la période de renoncement aux activités agricoles. Même demande du côté de la Coordination rurale qui a adressé au ministre de l’Agriculture un courrier le 22 novembre. En outre, la FNSEA déplore l’insuffisance du montant de l’aide au départ.
La FNSEA déplore l’insuffisance du montant de l’aide au départ proposé par le ministère
La reconversion des agriculteurs : pour faire quoi et où ?
Le plan de reconversion adopté le 18 novembre laisse en suspens deux questions : pour faire quoi et où ? Christiane Lambert, présidente de Vivea et première vice-présidente de la FNSEA, explique que « le plus fréquemment, les agriculteurs se reconvertissent en chauffeur dans des entreprises de travaux publiques, dans les scieries ou les transports en commun ». Mais les agriculteurs ont aussi des acquis en matière d’informatique. « Un éleveur qui a piloté une salle de traite a des compétences en pilotage automatique par exemple », souligne Christiane Lambert. Par ailleurs, l’accord pour accompagner les reconversions peut être décliné au niveau régional, précise le ministère dans un communiqué. Ainsi, les partenaires invitent les Régions à se saisir du dispositif pour renforcer l’accompagnement proposé au bénéfice des agriculteurs. Christiane Lambert donne l’exemple de la Région Pays de la Loire avec qui Vivea travaille déjà. Une idée est d’adapter le dispositif de formation non agricole aux agriculteurs.