Abonné

Apiculture Face à la disparition massive de leurs abeilles, les Etats-Unis lancent un plan

- - 3 min

Les Etats-Unis ont vu leurs colonies d'abeilles décroître de plus de 42% en 2014/2015, selon une enquête annuelle. Les disparitions en été, notamment dans les régions de grandes cultures, progressent. La Maison blanche a lancé un plan pour limiter les pertes… hivernales.

En moyenne 42,1% des colonies d'abeilles domestiques ont disparu entre avril 2014 et avril 2015 aux Etats-Unis, constate une étude annuelle publiée le 13 mai. Selon ces travaux menés par l'université américaine du Maryland et co-financés par le département américain à l'agriculture (USDA), il s'agirait de la deuxième plus mauvaise année depuis le début des recensements. La pire avait été en 2012/2013 avec la disparition de 45% des colonies. Mais, fait nouveau : pour la première fois les mortalités hivernales ont été inférieures à celles intervenues durant la période d'activité des ruches (au printemps et en été). En effet, les résultats préliminaires estiment à 23,1% les pertes hivernales de colonies durant l'hiver 2014/2015 soit une diminution de 0,6% par rapport à l'hiver précédent 2013/2014 (à 23,7%). Pour la deuxième année de suite, le taux de perte en hiver semble donc reculer (il est en moyenne de 28,7% sur les 9 dernières années). Ce qui n'a pas empêché la mortalité annuelle de progresser. Les résultats présentés montrent que certaines des pertes les plus importantes (de plus de 60 %) se concentrent dans la « Corn Belt », la région des grandes cultures (soja et maïs principalement).

Les pesticides préservés

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Face à cette situation, la Maison Blanche a dévoilé le 20 mai un plan d'action national pour sauver les abeilles et les autres pollinisateurs. Il prévoit de limiter la mortalité des colonies d'abeilles pendant l'hiver à 15% maximum dans les dix ans et à restaurer 2,8 millions d'hectares d'habitats naturels dans les cinq ans grâce à des interventions fédérales et des partenariats public-privé. Le plan vise aussi à reconstituer les populations de papillons monarques, en très forte diminution depuis deux décennies (-90% au moins), jusqu'à 225 millions d'ici cinq ans.

L'administration américaine se montre mesurée sur l'impact des insecticides : « Les pesticides jouent un rôle clé dans la production agricole et la santé de notre société. Atténuer leurs effets sur les abeilles est une priorité du gouvernement fédéral », indique le document. En avril, l'Agence de protection de l'environnement avait établi un moratoire sur l'utilisation de certains néonicotinoïdes jusqu'à une évaluation complète des risques.