Alors que le distributeur coopératif est candidat à la reprise de Bio C’Bon, son président Patrick de Ronne assume la spécificité de son modèle alternatif à la grande distribution conventionnelle.
Avec six mois de décalage en raison du Covid-19, le président de Biocoop Patrick de Ronne a présenté à la presse le 29 septembre les résultats de l’année 2019. Le chiffre d’affaires des magasins a grimpé de 14,78 % à 1,383 milliard d’euros, en grande partie grâce à l’extension du nombre de points de vente (soixante-deux ouvertures). Mais à parc de magasins constant, les ventes ont progressé de 3 %. La concurrence de la grande distribution y est pour beaucoup, captant une part de plus en plus importante des ventes de produits alimentaires bio. 55 % du chiffre d’affaires sont désormais réalisés par les grandes surfaces, contre 45 % par les distributeurs spécialisés.
« Nous n’avons pas la prétention d’inverser la tendance face à la grande distribution, nous voulons plutôt être influents et garder notre part de marché », a souligné Patrick de Ronne, dont l’enseigne est leader de la distribution spécialisée avec 13 % de parts de marché. « Tant que Biocoop sera présent, les concurrents ne pourront pas faire n’importe quoi », a-t-il ajouté.
« Bio équitable en France »
Outre son modèle coopératif unique dans la distribution spécialisée, Biocoop veut cultiver sa particularité en mettant encore plus l’accent sur ses engagements en faveur des agriculteurs. Cette année, la marque Biocoop est lancée, en remplacement des marques génériques et Ensemble. Et un nouveau pictogramme – Avec nos paysan.ne.s associé.e.s – fait son apparition sur les produits dont les matières premières sont issues des groupements de producteurs sociétaires. Autre initiative : le label Bio Equitable en France, lancé avec Ethiquable, pour valoriser le commerce équitable français. Bio Equitable en France a pour vocation d’être adopté par tous les fabricants qui se conforment à son cahier des charges, « y compris pour des produits destinés aux grandes surfaces conventionnelles », précise Patrick de Ronne.
Pour l’exercice en cours, après un bond des ventes dans les magasins au cours de la période de confinement, il y a eu un tassement de l’activité en juin, marqué par une augmentation du panier moyen et une baisse de la fréquentation. « Aujourd’hui, la fréquentation remonte et le panier moyen baisse », explique Patrick de Ronne. Pour le vrac, un point fort de Biocoop, « les ventes ont reculé de 20 % lors du confinement, mais on revient presque à la normale actuellement ». 2020 devrait être une année particulière avec une soixantaine d’ouvertures de magasins, tandis que quatre-vingts points de vente supplémentaires sont prévus en 2021.
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Absorbtion de Bio C’Bon
Dans son rôle de candidat à la reprise de Bio C Bon, Patrick de Ronne tient à garder le même cap en insistant sur l’engagement de Biocoop en faveur des filières biologiques. Son offre propose de reprendre cent cinq magasins (86 % du parc) qui passeraient sous enseigne Biocoop (soixante-douze magasins) ou Marcel & Fils (enseigne bio régionale qui reprendrait trente-trois magasins), tandis que les magasins non viables, la plateforme logistique et le siège social seraient exclus du périmètre. « Je vais rencontrer très prochainement les représentants du personnel pour leur présenter notre projet qui comprend la reprise de 93 % des salariés », a annoncé Patrick de Ronne, soulignant qu’il travaillait pour trouver une solution pour les salariés qui ne seraient pas repris. L’opération permettrait à Biocoop d’améliorer son maillage de la région parisienne.
D’autres candidats sont sur les rangs pour reprendre Bio C’Bon : Carrefour, Naturalia, Auchan et la famille Zouari. Cette dernière vient de se rapprocher de l’ancien directeur général de Biocoop de 2011 à 2017, Gilles Piquet Pellorce qui prendrait la tête de Biocoop si cette offre était retenue par le tribunal de commerce de Paris. L’audience d’examen des offres est fixée au 16 octobre et les candidats peuvent encore améliorer leur offre jusqu’au 13 octobre.
Avec Bio C’Bon, Biocoop améliorerait son maillage de la région parisienne