Abonné

Face à la révolte des fromages sous appellation, le Nutriscore pourrait être revu

- - 2 min

« Les femmes et les hommes de l’AOP roquefort demandent haut et fort que le roquefort soit exempté du Nutriscore », clame un communiqué du 11 octobre. Avec l’algorithme actuel, le célèbre bleu serait noté E, soit la note la plus basse. Une faible note que partagent une grande majorité des fromages sous appellations.

Face à cette demande d’exemption, que portent l’ensemble des fromages AOP, la voie qui semble être privilégiée par les pouvoirs publics est plutôt celle d’une révision de la méthodologie de calcul de la notation nutritionnelle.

« Je partage votre inquiétude, je partage votre préoccupation », a répondu Julien Denormanide, ministre de l’Agriculture à une question sur le sujet à l’Assemblée nationale le 12 octobre. « Il ne faudrait en aucun cas que le Nutriscore ait un impact sur nos beaux produits du territoire », a-t-il renchéri.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Pour le ministre, aucun doute : le « problème » tient à la façon de calculer cette note nutritionnelle sur 100 grammes, alors que « rares sont les consommateurs qui consomment une telle quantité » de fromages. « Nous rouvrons la méthodologie du Nutriscore pour que cet instrument tienne compte des réalités de consommation », a-t-il annoncé au Palais-Bourbon.

« L’administration nous a présenté une évolution de l’algorithme du Nutriscore, confirme Sébastien Breton, délégué général du Cnaol (AOP laitières). Mais c’est une véritable boîte noire, nous ne savons pas à quoi nous attendre. »

Les opposants historiques au Nutriscore pourraient bien utiliser cette opportunité pour tenter d’avancer leurs pions, d’autant que lors de la présidence française de l’Union européenne, qui débutera début 2022, la France tentera de porter le Nutriscore au niveau européen.

« Je partage votre préoccupation »