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Aide européenne Face à l'embargo russe, Phil Hogan prolonge l'aide aux fruits et légumes

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Tous les fonds du programme de soutien aux fruits et légumes de l'UE, de 165 millions €, pour faire face à l'embargo russe n'ayant pas été dépensés, Bruxelles prolonge de six mois la période de mise en œuvre de ce dispositif. Ce sont principalement les producteurs de pommes polonais qui vont profiter de cette seconde phase. Le commissaire européen à l'agriculture a indiqué aux États membres qu'il allait étudier la possibilité de soutenir le secteur porcin.

Le commissaire européen à l'agriculture, Phil Hogan, a annoncé le 12 décembre la prolongation jusqu'au 30 juin 2015 (au lieu du 31 décembre 2014) du programme d'aide d'urgence au secteur européen des fruits et légumes – de 165 millions € – pour faire face à l'embargo russe sur les produits agroalimentaires de l'UE (1). Lancé au mois d'octobre, il s'agit de financer de mesures de retrait d'une partie de la production du marché à des fins de distribution gratuite, de compostage, de récolte en vert ou de non récolte. Chaque État membres dispose de volumes définis en fonction de ses exportations vers la Russie en 2014 pour quatre catégories de produits : pommes et poires, autres fruits (raisins de table, prunes et kiwis), légumes (tomates, carottes, poivrons et concombres), et agrumes. Ces volumes vont être alloués à 12 États membres (Belgique, Allemagne, Grèce, Espagne, France, Italie, Chypre, Lituanie, Pays-Bas, Autriche, Pologne et Portugal) par production grâce aux fonds qui n'avaient pas été dépensés pendant la première phase du dispositif. Les producteurs de pommes en Pologne en seront les principaux bénéficiaires. Varsovie avait demandé, le 15 décembre, lors du Conseil agricole à Bruxelles, la mise en place d'un programme d'aide au revenu de ses producteurs de fruits – en particulier de pommes (2).

Des critiques

Un projet de règlement de la Commission, qui doit encore recevoir le feu vert des experts des États membres, prévoit : 34 400 t pour la Belgique (pommes, poires et légumes), 3 450 t pour l'Allemagne (pommes et poires), 5 300 t pour la Grèce, 34 350 t pour l'Espagne (légumes et agrumes), 5 250 t pour la France (pomme, poires et légumes), 12 200 t pour l'Italie (pommes, poires et autres fruits), 750 t d'agrumes pour Chypre, 6 000 t de légumes pour la Lituanie, 34 350 pour les Pays-Bas (pommes, poires et légumes), 500 t de pommes et poires pour l'Autriche, 174 350 t pour la Pologne (en grande partie des pommes) et 350 t de pommes et poires pour le Portugal. L'Espagne, soutenue par la France, Chypre, l'Italie et la Hongrie, a néanmoins souligné, à l'occasion de la réunion des ministres de l'agriculture des Vingt-huit, que cette prolongation ne répondait pas entièrement à ses préoccupation notamment parce qu'aucun nouveau produit n'était ajouté à la liste des productions éligibles et que les montant alloués ne permettront pas de résoudre la saturation actuelle du marché de l'UE. La France a, elle, une nouvelle fois insisté sur la nécessité de laisser plus de marges de manœuvre aux organisations de producteurs pour utiliser les fonds.

Pas d'opposition à un dispositif pour le porc

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La Belgique, le Danemark, l'Irlande, la France, la Hongrie, la Pologne et la Roumanie, soutenus par l'Autriche et l'Estonie, ont par ailleurs appelé, le 15 décembre, la Commission de Bruxelles à actionner le régime d'aide au stockage privé pour « alléger la situation du marché de la viande porcine en Europe jusqu'à ce que des débouchés alternatifs puissent être trouvés », compte tenu de la fermeture du marché russe (3). Selon ces États membres, la situation du secteur a « atteint un seuil critique ». Mais à ce stade, la Commission européenne ne prendra pas de décision. Admettant que les producteurs de quelques pays souffraient, Phil Hogan a souligné que certaines régions étaient traditionnellement en surproduction et que, certes, les prix étaient actuellement en baisse mais ils étaient élevés ces derniers temps. Le commissaire européen s'est cependant engagé à réexaminer la situation du secteur au mois de janvier. Si nécessaire « et si je dispose de marges budgétaires suffisantes, je suis prêt à proposer des mesures ciblées pour les éleveurs de porcs », a-t-il indiqué.

(1) Voir n° 3465 du 06/10/2014

(2) Voir n° 3474 du °8/12/2014

(3) Voir n° 3475 du 15/12/2014