En attendant les Cive, les effluents restent la principale ressource des unités de biogaz, et cette tendance s’alourdit dans certaines régions avec l’inflation des prix des cultures végétales. « Les nouveaux méthaniseurs du Grand Ouest sont orientés vers un approvisionnement majoritairement à base d’effluents pour accroître leur autonomie en intrants", appuie Armelle Damiano, directrice de l’association Aile, agence locale de l’énergie créée par l’Ademe de Bretagne.
Au cours des dix dernières années, les banquiers les ont incités à moins recourir aux coproduits riches, qui sont devenus onéreux sur le marché, rapporte-t-elle. « Ils incorporent 80 % d’effluents, parfois plus ». Problème : « Ce modèle économique est compliqué », car il implique des tailles de matériel plus grandes, donc des investissements plus lourds, surtout actuellement avec la hausse des coûts de la construction.
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« La part des effluents a atteint son maximum (plus de 80 %) dans les régions d’élevage », estime Julien Thual de l’Ademe. Les déjections animales seules ont un faible pouvoir méthanogène. Or « l’objectif que la PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie) assigne à la méthanisation n’est pas de régler un problème d’encombrement des déchets mais de contribuer à la production de gaz renouvelable ».
Les plus optimistes affirment que la technique de la méthanisation d’effluents à taux élevés (80 % ou plus) n’est pas un obstacle majeur : « Ils nécessitent simplement des cuves plus grandes, et aussi des broyeurs en cas de fumiers. Mais désormais tous les outils existent pour les traiter en méthanisation », estime Bertrand Guérin, vice-président de l’AAMF.