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Face à une hausse des charges, les producteurs de mâche s’adressent au consommateur

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Le prix de la barquette de mâche doit augmenter pour que la filière perdure. Tel est le leitmotiv de la Fédération des maraîchers nantais à l'endroit des consommateurs, quelques mois après l’interdiction du métham-sodium et la fin du TODE. Pour cela, les producteurs communiquent sur l’augmentation de leur coût de production actuel.

Dans la matinée du 13 mars, la Fédération des maraîchers nantais a convié la presse à assister à une récolte de mâche sur la commune de La Chapelle-basse-mer en Loire-Atlantique. L’objectif de cette invitation était de faire prendre conscience aux consommateurs de l’augmentation des coûts de production de 30 à 40 % de cette culture, après l’interdiction du métham-sodium en novembre. Pour compenser cette hausse, les producteurs demandent une révision du prix de la mâche dans le commerce. « Notre souhait est que la mâche soit revalorisée par les opérateurs de l’aval. Il faut que le consommateur réalise que l’origine et la garantie France ont un coût », indique Philippe Retière, le président de la Fédération des maraîchers nantais. Leur demande représenterait une hausse d’environ 20 centimes du prix sur une barquette de mâche vendue actuellement dans le commerce (autour d’un euro). « Sans cette revalorisation, il y aura une diminution des surfaces et une perte de l’expertise française, annonce-t-il. Ce qui me fait peur, c’est la période de préparation des terres en septembre, octobre. »

De la main-d’œuvre pour désherber les bandes

Plusieurs facteurs ont concouru à l’augmentation des coûts de production de la mâche. L’interdiction du métham-sodium est l’un d’eux. « Nous avons dû embaucher de la main-d’œuvre pour désherber les bandes. Un passage mécanique est impossible du fait de la densité de culture de la mâche. Avant, il fallait deux personnes devant la récolteuse, maintenant il en faut huit », explique Bertrand Redureau, responsable de la commission communication de la Fédération des maraîchers nantais. Le recours de manière plus massive à la main-d’œuvre renforce un autre aspect du renchérissement des coûts de production. « Le dispositif TODE (salariés saisonniers, ndlr) d’exonération de charge patronale n’a pas été compensé à 100 % lors de sa suppression », indique à ce sujet Philippe Retière.

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Échanges de parcelles

D’autres solutions alternatives mises en place pour remplacer le métham-sodium entraînent, elles aussi, des surcoûts pour les producteurs. « Pour diversifier les rotations, nous faisons des échanges de parcelle avec d’autres agriculteurs. Mais cela entraîne des frais de transport supplémentaires pour les machines, les employés et la production », constate Philippe Retière. La culture sous serre est également une solution pour diminuer l’enherbement. Mais elle nécessite un investissement qui se répercute lui aussi dans les coûts de production. « Nous travaillons sur des innovations et des expérimentations sur un pas de temps de dix ans. Nous devons pouvoir continuer de travailler en attendant de nouvelles solutions, tout en finançant cette recherche et ces investissements », commente le président de la Fédération des maraîchers nantais.

« Nous devons pouvoir continuer de travailler en attendant de nouvelles solutions »