Marchés à terme, contrats, assurance, aide alimentaire, stockage, dotations pour aléas, mutualisme… ce qui est rageant dans le problème de la volatilité des cours et des crises qui en découlent, c’est, qu’au fond, on connaît bien tous les outils qui permettraient d’éviter ces crises. Simplement, on ne les applique pas ou pas complètement. Pourquoi ? Parce que les professionnels ne se parlent pas ou ne s’écoutent pas.
Ce n’est pas vrai partout. Dans la filière sucre-betterave, parce qu’il s’agit d’une filière avec peu d’opérateurs, aux produits plutôt peu diversifiés, on a signé dans des délais raisonnables un accord interprofessionnel et on va même jusqu’à créer des commissions de répartition de la valeur au sein des entreprises.
Les producteurs de lait pourraient regarder une telle filière avec envie. Mais ils ne doivent pas croire que de telles relations sont impossibles dans leur domaine. Il n’y a pas de fatalité. Simplement, des hommes et des femmes qui, aux différents maillons de la chaîne de valeur, sont incapables de s’entendre.
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Il suffirait qu’ils se mettent d’accord, des distributeurs aux producteurs, sur une formule d’assurance, sur une forme de contrat, sur la création ou le recours à des marchés à terme, etc. L’État s’empresserait d’adapter le contexte juridique.
Dans bon nombre de secteurs agricoles, l’assurance n’a pas séduit les exploitants. Mais on nous dit que lorsqu’une coopérative a pris l’affaire en main, incité les agriculteurs à s’assurer sur une formule adaptée au terroir, l’assurance devient un vrai succès. C’est que les acteurs, dans ce cas, se sont rencontrés et entendus. C’est une évidence : si, ici ou là, on ne parvient pas à atténuer l’impact de la volatilité, c’est essentiellement parce que les acteurs ne se sont pas entendus. Un problème humain, et pas seulement économique.