Depuis la survenance de la pandémie de Covid-19, 150 millions de personnes supplémentaires ont été touchées par la faim à l’échelle du globe soit, au total, 828 millions de personnes en 2021. Et depuis la guerre en Ukraine, ce sont 71 millions de personnes qui sont tombées dans la pauvreté en raison du boom de l’inflation, alertent plusieurs agences onusiennes.
« En 2021, le nombre de personnes touchées par la faim dans le monde a augmenté pour atteindre jusqu’à 828 millions (environ 9,8 % de la population mondiale), soit une hausse d’environ 46 millions par rapport à 2020 et de 150 millions depuis la survenance de la pandémie de Covid-19 », alertent dans un rapport conjoint publié le 6 juillet, la FAO, le Fida, l’Unicef, le Pam et l’OMS. Plus largement, environ 2,3 milliards de personnes (29,3 % de la population mondiale) étaient en situation d’insécurité alimentaire modérée ou grave, cela représente 350 millions de personnes de plus par rapport à 2019, ajoute le rapport. « Le monde s’éloigne ainsi de son objectif d’éliminer la faim, l’insécurité alimentaire et la malnutrition sous toutes ses formes d’ici 2030 », constate la FAO. Les cinq organisations internationales s’attendent finalement à ce que près de 670 millions de personnes (8 % de la population mondiale) souffrent toujours de la faim en 2030, même en cas de redressement économique mondial. Des perspectives alarmistes qui s’expliquent notamment, par l’intensification et la combinaison des crises liées aux conflits (guerre en Ukraine en particulier), aux phénomènes climatiques extrêmes et aux chocs économiques.
Impact de l’inflation
La guerre en Ukraine, crise dont l’impact à l’échelle du globe est systémique, a notamment entraîné une flambée immédiate des prix de l’alimentation et de l’énergie. Un renchérissement du coût de la vie qui a fait plonger dans la pauvreté depuis mars 2022 et en seulement trois mois 71 millions de personnes vivant dans les pays en développement, a notamment alerté le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) dans un rapport publié le 7 juillet. Alors que les taux d’intérêt augmentent sous l’effet de la poussée inflationniste, se pose un risque à court terme d’aggravation rapide de la pauvreté induite par la récession, ce qui aura pour effet de créer un cercle vicieux terrible sur les populations les plus vulnérables, ajoute le Pnud.
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Pour faire face à la crise alimentaire mondiale actuelle, l’organisation onusienne explique que « les transferts monétaires ciblés sont une mesure plus équitable et plus rentable que les subventions globales, étant donné qu’ils profitent principalement aux 40 % les plus pauvres de la population ». À cette fin, le Pnud appelle la communauté internationale « à prêter main-forte aux pays en développement pour créer l’espace budgétaire nécessaire au financement de ce type de mesure ». Et de prévenir que « pour dégager ces fonds, il faudrait envisager un moratoire de deux ans sur le remboursement de la dette publique afin d’aider tous les pays en développement, quel que soit leur PIB par habitant, à se remettre de ces chocs (Covid-19 et guerre en Ukraine) ». Un tel soutien permettrait ainsi d’encourager la production, la fourniture et la consommation de produits alimentaires nutritifs, assurent les agences onusiennes.