«Mais que veulent-ils donc ? », s’irrite Jacques Jaouen, président de la Chambre régionale d’aagriculture lorsqu’il entend des politiques dire qu’il faut faire évoluer le modèle breton. « On n’arrête pas d’évoluer, on a des marchés, on est capables d’exporter et même les Chinois viennent chez nous pour nous acheter du lait, par exemple. Qu’on nous laisse bosser » poursuit Jean Le Vourch’ agriculteur à la retraite qui fut longtemps président du Crédit agricole du Finistère et président de la coopérative Even. Tous deux sont unanimes : les règlements et normes sont devenues trop contraignantes. Notamment dans les zones à excédent structurel au regard de la législation sur les nitrates. Et de constater que sur ce plan les Allemands sont bien plus pragmatiques. Ils ne comprennent pas non plus que l’Europe cesse de délivrer des subventions à l’exportation de volailles alors que les distorsions de concurrence avec le Brésil perdurent.
Les Allemands les intéressent aussi par leur capacité à travailler ensemble. « En France, on passe notre temps à s’opposer entre nous », affirme Jacques Jaouen. « Il y a du travail à faire au niveau des filières », affirme-t-il, évoquant la mise en place de pools d’acteurs pour pouvoir affronter de nouveaux marchés. « A l’export, on part souvent divisés ». En revanche, selon le président de la chambre régionale d’agriculture, la solution ne passe pas forcément par un regroupement des exploitations. « Les grosses structures, ce n’est pas la panacée ». D’autant que la Bretagne a fait le choix de garder le maximum d’hommes et de femmes sur le territoire. De plus, « si on veut des industries agroalimentaires, il faut de la production agricole ». Jean Le Vourch’ est d’accord. Pas question de brider la production, surtout, en production laitière, dans un contexte de disparition des quotas. « Il nous faut plus d’organisation avec moins d’organisations » dit-il, jouant sur les mots. « Qu’on laisse les paysans travailler et qu’on cesse de réglementer à tout va. » Y a t il un problème de génération ? Jean Le Vourch’ ne le jurerait pas. Mais il est sûr, selon lui, que « si un projet marche c’est que deux personnes s’entendent. Et s’il ne marche pas, c’est qu’il y a deux personnes qui se tirent dans les pattes ». Il y a peut-être une nouvelle union sacrée à retrouver, au long des filières et sur le territoire : « Les producteurs resteront si les entreprises sont performantes. Mais celles-ci doivent donner des perspectives à leurs fournisseurs. » En attendant, Jean Le Vourch’ se dit « un peu désabusé : on emmerde ceux qui bossent ».
En quoi consisterait un bon plan pour la Bretagne ? Jean Le Vourch et Jacques Jaouen sont catégoriques : il faut d’abord moins de réglementations.
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