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Euralis semences Faire face à la réduction du réseau de multiplicateurs

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Euralis semences, qui affiche une belle augmentation de ses parts de marchés au niveau européen pour la campagne 2007/2008, cherche à développer son réseau d’agriculteurs multiplicateurs de semences. Une question délicate qu’elle résout en intervenant de plus en plus sur le terrain.

L’année 2007/2008 aura profité à Euralis semences : la société enregistre une progression de son chiffre d’affaires de 27 %. De 83 millions d’euros en 2006/2007, il est passé à 106 millions d’euros, grâce notamment à une extension de ses parts de marchés au plan européen. En maïs, en tournesol et en colza, ses trois espèces phares, la filiale du groupe coopératif Euralis enregistre une progression de ses ventes en volume supérieure à la moyenne des semenciers européens. Celles-ci ont gagné 15 % en maïs et 30 % en tournesol contre respectivement 4 % et 10 % dans les Vingt-sept. « En colza, notre part de marché a augmenté de 13 % dans un marché qui a perdu 1 million d’hectares », a relevé Roger Catala, directeur d’Euralis semences en conférence de presse à Paris le 12 décembre.

Un réseau de base qui n’arrive pas à se développer

Reste que, pour vendre, l’entreprise doit produire ses semences. En maïs tout particulièrement, un de ses produits phares, elle doit s’appuyer sur un réseau solide d’agriculteurs multiplicateurs. Celui-ci existe. Il couvre aujourd’hui quelque 5 000 hectares dans le Béarn, une région où les rendements enregistrent de très belles performances, et regroupe des agriculteurs expérimentés travaillant sur des exploitations de taille modeste, ce qui permet à la société de mieux répondre aux besoins de segmentation du marché. Autant d’avantages qu’elle ne veut pas perdre. Mais « aujourd’hui, nos besoins augmentent du fait de notre croissance,a indiqué Roger Catala. Or nous n’arrivons pas ou difficilement à développer ce réseau ».

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Apporter le savoir-faire dans de nouvelles zones

L’entreprise a donc opté pour une stratégie alternative : faire le travail elle-même. « En allant vers les Hautes Landes, les agriculteurs sont sur des zones très favorables à la production de maïs mais n’ont pas un historique de production de semences », a expliqué Roger Catala. L’idée est donc de faire le travail à leur place en leur sécurisant un rendement moyen. « C’est nous qui apportons le travail, le suivi et la mise en œuvre pour les travaux spécifiques », a indiqué le directeur. Ce qui commence dès le semis, qui doit s’effectuer de façon décalée. Au besoin, Euralis semences investit elle-même dans le matériel ou fournit la main-d’œuvre. « Cela nous offre une souplesse », estime le responsable, pour un coût qui semble équivalent. Aujourd’hui, le bassin traditionnel de production n’assure plus que 50 % des besoins de l’entreprise. Et pour Roger Catala, la question du renouvellement des agriculteurs multiplicateurs et de l’extension de la production va rester « un problème prégnant ».