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Sous l’égide de l’Apli, 800 agriculteurs ont créé Faire France, une entreprise de commercialisation de lait français qui vise à mieux rémunérer les producteurs.
La première brique de lait estampillée Faire France est sortie des ateliers lundi 27 mai. Créée sous l’impulsion de l’Apli (association des producteurs de lait indépendants), cette entreprise revendique la création d’une marque de lait équitable français. Elle regroupe 800 agriculteurs qui sont devenus actionnaires en investissant entre 1 000 et 4 000 euros dans l’entreprise. Pour faire connaître la marque, ils se sont engagés à passer deux demi-journées dans les supermarchés pour faire la promotion du lait. « L’objectif est de remettre les agriculteurs devant les consommateurs », explique Richard Blanc, président de l’entreprise et éleveur en GAEC à Wallers-en-Fagne (Nord). « Mes grands-parents passaient 50% du temps à faire la commercialisation de leur lait, et ils gagnaient bien leur vie », raconte t-il pour illustrer son idée : reprendre le contrôle de la filière en s’adaptant au contexte actuel.
Un prix qui permet de rémunérer toute la filière
Faire France n’est pas une entreprise de collecte de lait, mais de commercialisation. Elle achète le lait à la laiterie de Saint-Denis de l’Hôtel, qui gère la collecte et produit les briques dans son usine de Varennes-sur-Fouzon (Indre). « On achète à la laiterie à un prix 10 à 15% au dessus du marché, et celle-ci le répercutera aux producteurs », affirme Richard Blanc. Les agriculteurs actionnaires (qui ne sont pas forcément les fournisseurs de lait) touchent quant à eux 10 centimes par litre vendu. Le prix de vente conseillé au consommateur est de 93 centimes le litre, « un prix juste et équitable », chiffre Jacques Blanc, car « quand on voit du lait vendu à 59 centimes, personne ne gagne sa vie ». Les briques de lait devraient apparaître dans une quinzaine de jours dans certains Intermarchés du Nord, de Normandie et de Bretagne. Des discussions sont en cours avec Leclerc, Système U et Auchan.
Si une telle initiative est aujourd’hui nécessaire, c’est parce que les coopératives ne jouent plus leur rôle auprès des producteurs, estime Jacques Blanc. « Mais c’est de notre faute, pendant trop longtemps on ne s’est pas occupé des coopératives », regrette-t-il. L’idée d’une telle entreprise vient d’European Milk Board : la première a vu le jour en Autriche il ya 6 ans, puis ont suivi l’Allemagne, le Luxembourg et les Pays-Bas, alors qu’un lait italien est également en train d’être créé.
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