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Fairr pointe les limites des solutions technologiques pour réduire l’impact environnemental de l’élevage

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Le rapport compare les solutions basées sur la nature et celles basées sur la technologie. Crédits : © Pixabay/matthiasboeckel

Les solutions basées sur la nature seraient plus efficaces pour réduire les risques climatiques et environnementaux de l’élevage, comparées à celles basées sur la technologie. C’est ce que montre une étude du réseau d’investisseurs Fairr.

Le réseau d’investisseurs FAIRR (États-Unis) en collaboration avec la Climate Policy Initiative et Vibrant Data Labs, et avec le soutien du groupe Omidyar et de Planetary Guard, s’est penché sur la question de l’impact environnemental de l’élevage. Pour aborder cette question complexe, les auteurs de l’étude ont retenu 22 pratiques agricoles visant à réduire les risques climatiques et environnementaux de l’élevage. Ils se sont demandés quelles pratiques (12 fondées sur la nature et 10 sur la technologie) offraient un plus grand potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre et des bénéfices pour la biodiversité et la santé de la planète.

Selon le rapport intitulé Climate and Nature-based Interventions in Livestock, assessing the mitigation potential and financing flows (Interventions sur le climat et la nature dans l'élevage, évaluation du potentiel d'atténuation et des flux de financement), « les approches fondées sur la nature sont plus efficaces pour réduire les émissions, préserver la biodiversité et améliorer la santé globale de la planète que celles reposant sur la technologie. »

Des solutions aux résultats négatifs

Dans le détail, « 7 solutions technologiques sur 10 présentent des résultats négatifs importants par rapport à d'autres limites planétaires - les résultats les plus probants concernent les digesteurs anaérobies à grande échelle pour les déchets animaux, les additifs synthétiques pour l'alimentation animale et l'élevage et la sélection génétique du bétail axés sur les émissions de gaz à effet de serre. En moyenne, et en ignorant les effets négatifs, chaque approche naturelle a un impact positif sur 5 des 7 limites planétaires, contre seulement 3 des 7 pour les solutions technologiques. »

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Les auteurs ont identifié les approches basées sur la nature déjà prêtes à être mises sur le marché. Il s’agit des fertilisants biologiques, des rotations de cultures, de l’optimisation du pâturage, des haies, de l’agroforesterie pâturée et de l’interculture d'arbres, qui « pourraient générer un retour sur investissement net dans les cinq ans. » Alors que trois approches technologiques (gestion de la santé et des performances animales, efficacité de l'irrigation agricole et amélioration des infrastructures d'élevage) sont prêtes. 

Au-delà de ce constat, les auteurs soulignent que les fonds publics consacrés au climat ne sont pas orientés en majorité vers les solutions basées sur la nature. « Seuls 45 % (127 M$) des fonds publics annuels consacrés au climat pour ces 22 pratiques à l'échelle mondiale (284 M$) sont consacrées à des approches fondées sur la nature plutôt que sur la technologie », peut-on lire. C’est pourquoi Fairr appelle les investisseurs à prendre en compte les solutions basées sur la nature dans leur politique d’investissement. Jeremy Coller, président et fondateur de Fairr, souligne à ce sujet que « si le changement climatique constitue un risque croissant, la production intensive de viande représente une menace systémique pour les portefeuilles d'investisseurs en dépassant 7 limites planétaires. Les investissements dans la décarbonation doivent donc s'inscrire dans une vision globale. »