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Farmitoo se diversifie dans la vente des semences et des engrais

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Farmitoo propose désormais des semences. Crédits : © Farmitoo

Farmitoo, qui vient de lever 2,5 millions d’euros, base son développement sur la suppression des intermédiaires - distributeurs et coopératives - entre les fabricants de pièces détachées et les clients finaux. Un modèle que la start-up veut étendre à d’autres catégories de produits en commençant par les engrais et les semences.

« Notre modèle repose sur la mise en relation directe des agriculteurs et des fabricants pour obtenir une offre compétitive pour l’agriculteur en termes de tarifs, de temps et d’énergie », explique Mathilde Lefrançois, qui a fondé Farmitoo en 2017 avec Grégoire Casoetto, Pierre Ducoudray et Denis Fayolle. En clair, Farmitoo négocie auprès des fabricants des conditions et des tarifs avantageux pour les agriculteurs qui passent commande sur le site et reçoivent les pièces directement depuis le fabricant. Pour les agriculteurs, Farmitoo est un moyen aussi de comparer les prix avec ceux pratiqués par les distributeurs sur le marché et d’être livrés directement à la ferme. « Nous accordons beaucoup d’importance à rendre la recherche de pièces plus facile et plus sûre pour l’utilisateur, qui peut aussi se tourner vers nous pour trouver la bonne référence », poursuit-elle. Du côté des fabricants, Farmitoo assure que ces derniers acquièrent une meilleure connaissance des clients finaux, information qu’ils n’ont pas forcément en travaillant avec les intermédiaires traditionnels.

Farmitoo propose ainsi 200 000 produits venant de 500 fabricants agricoles et a servi 100 000 clients depuis son lancement. « Le panier moyen de chaque client atteint 300 euros hors taxes », détaille Mathilde Lefrançois. Un montant relativement faible, mais qui témoigne d’un potentiel important puisque on estime qu’un agriculteur dépense en moyenne chaque année environ 10 000 euros de pièces et matériels pour son exploitation.

Le supermarché en ligne des agriculteurs

Fort de leurs premiers pas dans la distribution en ligne de pièces détachées, les fondateurs cherchent maintenant à étendre leur modèle à d’autres produits, fidèles à leur objectif de devenir le supermarché en ligne des agriculteurs. Depuis l’été 2023, il propose une offre de semences et d’engrais pour les grandes cultures avec l’autrichien Saatbau. L’offre est encore limitée, mais « nous observons de près ce nouveau marché pour nous qui est particulièrement vaste », explique Mathilde Lefrançois. Une nouvelle offre qui est une nouvelle concurrence pour les acteurs traditionnels, mais aussi pour les acteurs émergents comme Agriconomie qui est présent surtout sur ce type de produits.

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Farmitoo compte bien s’affirmer dans cet environnement concurrentiel fait d’acteurs physiques et virtuels. Le 17 octobre, la société a annoncé une levée de fonds de 2,5 millions d’euros « auprès de business angels qui sont des investisseurs historiques de Farmitoo », selon Mathilde Lefrançois. Les fonds vont être destinés aux opportunités de fusion-acquisition, la société réfléchissant à grandir plus vite par croissance externe, en rachetant des acteurs présents sur le même créneau qu’elle, en France, mais aussi en Allemagne, en Autriche et en Belgique, trois pays où Farmitoo a déjà des clients. 

Mais la levée de fonds a aussi un objectif très concret : accélérer la rentabilité de la plateforme de e-commerce. « L’exercice 2023 ne sera pas bénéficiaire, mais nous nous approcherons de la rentabilité dans les prochains mois », assure Mathilde Lefrançois. L’exercice 2023 devrait présenter un chiffre d’affaires stable à 12 millions d’euros, mais avec une marge en hausse par rapport à 2022, notamment grâce à des coûts de démarchage de clients moins élevés que l’année précédente.