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Pesticides, algues vertes Farre/FNE : une charte de médiation prévue pour le 5 octobre

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C’était une première. Après un an de travail souterrain, Farre et FNE ont organisé une journée de médiation pour confronter les représentants d’agriculteurs et les environnementalistes. Des pistes se dégagent.

Après une journée d’échanges intenses sur les pesticides et les algues vertes, la médiation entre France Nature environnement (FNE) et Farre, le Forum de l’agriculture raisonnée respectueuse de l’environnement, a débouché sur une annonce. Une charte de médiation sera établie « au plus tard » le 5 octobre. Elle posera par écrit les points d’accord et de désaccord des deux organisations sur ces deux thèmes qui les opposent historiquement. La charte fixera aussi la « procédure » qui s’appliquera à la poursuite de ces travaux. Des travaux qui mériteraient d’impliquer d’autres acteurs, « en amont et en aval », a signalé le médiateur du débat, Francis Teitgen, ancien bâtonnier de Paris. Et de mettre en avant les bonnes pratiques, notamment via la sensibilisation du grand public, des jeunes à travers leurs formations et des journalistes » pour leur offrir un socle de culture qui leur permette d’informer les lecteurs de manière juste ».
La démarche originale associant Farre et FNE a été saluée par les ministres de l’Agriculture et de l’Ecologie, qui intervenaient respectivement en ouverture et en clôture de cette journée.
Restera à inviter à cette réflexion, qui associe pour l’instant Farre et FNE, les autres acteurs concernés par ces problématiques, et à articuler les réflexions qui pourront émaner de ce travail commun, au cadre politique actuel ; Delphine Batho rappelait le travail conjoint des ministères de l’Agriculture et de l’Ecologie pour définir de nouveaux modèles d’agriculture.
 
Des désaccords durs et des voies d’accord solides
Cette journée aura eu le mérite de mettre en avant des points d’accord entre les deux organisations : nécessité de réduire l’usage des pesticides, de continuer à produire des denrées agricoles, tout en réduisant l’impact de ces productions sur l’environnement. Des « désaccords durs » ont persisté sur les indicateurs permettant de mesurer les progrès, un désaccord qui empêche aussi d’avoir un constat partagé de la situation. Il va donc « falloir s’accorder sur des indicateurs », concluait le médiateur. Enfin, des voies d’accord se dégagent sur l’utilité de disposer d’outils d’aide à la décision, sur l’établissement d’un dialogue nécessaire entre agriculteurs et apiculteurs. « J’ai le sentiment que vous avez un accord sur le maintien de ce dialogue et de sa pérennité », relevait aussi le médiateur.
En revanche, certains points ne sont pas l’objet d’un consensus et ont été identifiés : le niveau de production de porcs en Bretagne (FNE ne voulant « pas un porc supplémentaire en Bretagne »), les méthodes d’élevage, à mesure de l’usage des pesticides et de leur impact sur l’environnement, la « répartition de la baisse de l’impact sur l’ensemble du territoire par rapport aux plan Ecophyto ». L’efficacité de la méthanisation, la valorisation des algues vertes, le progrès à attendre de la technologie, ou de la génétique figurent aussi parmi les points de désaccords.

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