Communiquez, communiquez, il en restera bien quelque chose. C’est pourquoi la défense du pouvoir d’achat et celle du revenu des agriculteurs reviennent alternativement dans les initiatives gouvernementales les plus médiatisées. Marier les deux étant mission impossible, la filière agroalimentaire se voit souvent convoquée par les ministres. Quand ce n’est pas pour relever le prix du lait, c’est pour modérer les prix de quelques produits phare en magasin ou obtenir des engagements de modération des grands distributeurs. Pendant ce temps, sur le terrain, fournisseurs et centrales ont du négocier les tarifs 2011 selon les principes de la LME que chaque partenaire interprète bien sûr à sa façon ; ce qui a abouti au 1er mars mais au grand dam des producteurs qui se disent floués, en particulier dans la viande et la volaille. D’où l’accord « volontaire » que vient d’obtenir Bruno Le Maire entre la grande distribution et les organisations agricoles pour indexer les évolutions du coût de l’alimentation animale dans les prix de vente des produits carnés. Autrement dit, « les négos » doivent reprendre et, pour certains, le plus tôt sera le mieux comme le réclament les aviculteurs par exemple. Curieusement, tous les industriels ne participent pas à l’enthousiasme général, la Fédération de la charcuterie s’est abstenue de signer l’accord et l’Ania ironise sur ce « coup d’épée dans l’eau ». Jean-René Buisson est en réalité toujours aussi incisif : face à la forte volatilité en amont, l’indexation est une « fausse bonne idée » qu’ont lancée la FNSEA et Coop de France alors que le problème réside plutôt dans une application incorrecte de la LME. Au gouvernement, suggère-t-il, de tenir sa promesse de sanctionner enfin les dérives que tout le monde connaît…
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