Abonné

Fièvre aphteuse : début de propagation en Europe de l’est

- - 5 min

Ces derniers jours, des cas de fièvre aphteuse en Hongrie et en Slovaquie ont provoqué des foyers secondaires. Les autorités slovaques ont décrété l’état d’urgence. De son côté, l’Allemagne, touchée en janvier, a recouvré son statut indemne.

Déjà six foyers de fièvre aphteuse en Europe de l’est : un début de propagation qui inquiète les autorités. Quelques jours après la confirmation de trois premiers cas de fièvre aphteuse en Slovaquie, un quatrième foyer a été détecté le 24 mars dans le pays, à 7 km d’un élevage déjà touché, ont annoncé les autorités. Cette fois, c’est un élevage de 279 bovins qui est concerné, s’ajoutant aux 2 771 bovins présents dans les trois fermes précédemment infectées. Selon la plateforme française Épidémiosurveillance en santé animale (ESA), « les autorités sanitaires locales ont mis en place des mesures de vaccination des animaux sensibles » dans deux des élevages concernés. « Un dépeuplement préventif est également en cours dans la zone de protection » (rayon de 3 km) autour d’un troisième foyer.

Le 24 mars, le gouvernement slovaque a décrété l’état d’urgence, ce qui permettra une meilleure « coordination des ressources et du personnel », et donc une réponse plus rapide, selon le ministre de l’Intérieur Šutaj Eštok. Le même jour, les équipes vétérinaires d’urgence de l’UE sont arrivées dans le pays pour aider les autorités nationales. Selon le média Euractiv, lors d’une conférence de presse, le Premier ministre Robert Fico a indiqué que les dégâts étaient actuellement impossibles à estimer, mais qu’ils pouvaient « augmenter de manière astronomique », provoquant potentiellement une pénurie de viande ou de lait. Selon le chef du gouvernement, l’épidémie pourrait menacer le pays tout entier.

Origine encore « inconnue »

En Slovaquie, « l’origine exacte de l’infection demeure inconnue à ce stade », et le sérotype impliqué « n’a pas encore été identifié ». Ces foyers surviennent peu après la confirmation, début mars, d’un cas en Hongrie à seulement quelques kilomètres. En début de semaine (du 24 mars), les autorités magyares pensaient encore la situation sous contrôle. Un second foyer a finalement été détecté le 25 mars, dans un élevage de 3 000 bovins situé à 7 km de la frontière autrichienne, selon la plateforme ESA. Ce nouveau foyer est à 40 km du premier foyer hongrois et à 25 km du quatrième cas slovaque.

Concernant le premier cas en Hongrie, l’origine de la contamination est également inconnue. Le sérotype O de la fièvre aphteuse a toutefois été confirmé, précise la plateforme ESA. Dans le détail, il s’agirait d’une souche « proche de souches isolées au Pakistan en 2017-2018 ». Elle s’avère « différente de celle isolée en Allemagne », où la maladie avait fait son retour en Europe début janvier.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

santé animale
Suivi
Suivre

L’Allemagne, justement, a retrouvé son statut de pays indemne de fièvre aphteuse « à l’exception d’une zone restreinte limitée », informe un communiqué de presse de l’institut allemand Friedrich-Loeffler (recherche fédérale sur la santé animale) daté du 13 mars. Cette décision de l’Omsa (Organisation mondiale de la santé animale) intervient deux mois après un cas – resté unique – dans un élevage de buffles détecté le 9 janvier dans le Brandebourg, à proximité de Berlin. L’Allemagne avait commandé des vaccins à titre de précaution ; elle en a envoyé 10 000 doses à la Hongrie, ajoute l’institut.

Le délai imposé par l’Omsa pour recouvrer le statut indemne est ordinairement de trois mois sans nouveau cas. La décision de l’organisation mondiale « doit être considérée comme un succès et une reconnaissance de la lutte très efficace menée par toutes les autorités concernées contre l’épidémie de fièvre aphteuse », se félicite l’institut dans son communiqué. Il souligne cependant que la levée des restrictions commerciales par les pays tiers ayant fermé leurs frontières depuis janvier peut prendre du temps. Il s’agit notamment du Royaume-Uni et de la Corée du Sud. Début janvier, les cours du porc avaient décroché sous l’effet de l’annonce de la réapparition de la fièvre aphteuse, et s’étaient stabilisés deux semaines après.

Très contagieuse pour de nombreux animaux

La fièvre aphteuse est très contagieuse et touche de nombreux animaux d’élevage : porcins, bovins, ovins et caprins. Elle n’est pas transmissible à l’homme. « Le virus est très résistant dans le milieu extérieur », rappelle la plateforme ESA, et les animaux peuvent être contaminés par contact direct, par le vent ou par du matériel infecté. Cette maladie « peut avoir des répercussions socio-économiques considérables », note l’Anses sur son site web.

En 2001, le Royaume-Uni avait été particulièrement touché par une épizootie qui « restera parmi les exemples les plus dévastateurs de l’histoire », selon l’agence sanitaire française. « Jusqu’à 10 millions d’animaux » avaient été abattus et l’impact économique avait atteint environ 8 Md£ (soit 9,5 Md€), d’après l’AFP. La France, elle, avait connu deux cas à l’époque. Ce qui avait entraîné, comme le rappelle l’Anses, « l’abattage de près de 50 000 animaux et des conséquences économiques importantes ».

Les dégâts pourraient « augmenter de manière astronomique »

En Allemagne, des restrictions commerciales toujours en vigueur