Avec des débouchés en baisse dans la boulangerie artisanale et plus encore à l’export, la meunerie française enregistre des chiffres en berne pour 2004. Les utilisations de farine par les industriels ont néanmoins été en hausse.
La stabilisation globale du marché intérieur constitue le fait marquant de l’année écoulée, selon les chiffres clés 2004 de l’Association nationale de la meunerie française (ANMF) du fait de la baisse de 3,3% du premier marché utilisateur de farine, la boulangerie artisanale.
L’année 2004 voit le chiffre d’affaires du secteur diminuer légèrement, passant à 1,47 milliard d’euros contre 1,48 Md en 2003, dont 179 M EUR à l’exportation. La meunerie française a utilisé dans ses 511 moulins 5,6 millions de tonnes de blé et écrasé 17,2% du blé commercialisé en France au cours de la campagne 2003-2004.
Encore 14% de baisse des exportations
La production de farine a poursuivi sa baisse pour atteindre 4,35 millions de tonnes (contre 4,38 MT en 2003). Alors que l’utilisation sur le marché intérieur se stabilise avec 3,85 MT, les exportations enregistrent une nouvelle baisse de près de 14% pour chuter à 651 635 tonnes contre 756 365 t en 2003. Les exportations françaises de farine qui frisaient les 2 millions de tonnes en 1993 n’ont cessé de régresser depuis. Les principales destinations de ces ventes sont aujourd’hui les pays tiers pour 73,5% avec notamment un grand nombre de pays d’Afrique.
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La panification, principal débouché de la farine, représente 67% des parts de marché, en baisse par rapport à l’année précédente de 2,6%. Le débouché de la boulangerie/pâtisserie artisanale (44,6% du total) a représenté 1,7 million de tonnes, soit une baisse significative de 3,3%. L’utilisation par les industries alimentaires (biscotterie, biscuiterie,…) a en revanche été en hausse de 9,5% pour représenter avec 726 000 tonnes 20,6% des parts de marché.
La boulangerie/pâtisserie industrielle et les ateliers boulangerie/pâtisserie des grandes surfaces ont utilisé respectivement 627 193 t et 231 807 t de farine et maintiennent leurs parts de marché.
Nécessaire restructuration
Ces données confirment, selon l’ANMF, les conclusions d’une récente étude de l’ONIC. Présentée le mois dernier au comité permanent de l’Office, cette étude qualitative met en exergue quatre facteurs d’inquiétude : la chute des exportations de 54% entre 1999 et 2003 avec un risque de report sur le marché intérieur qui ne peut absorber ces volumes, les charges en augmentation en raison des investissements de mises aux normes imposées par les textes réglementaires et pouvant mettre en péril certaines entreprises, l’augmentation du pouvoir de négociation de certains clients industriels, et la concurrence de plus en plus exacerbée sur le marché intérieur. Si l’Onic conclut à la nécessité de la réduction des capacités d’écrasement des moulins en mettant l’accent sur les moulins exportateurs, l’Office insiste toutefois sur une nécessaire restructuration au niveau européen, tant la globalisation des marchés devient un paramètre incontournable de la meunerie.