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Chambres d’agriculture Fin de campagne optimiste à la Confédération paysanne de Loire-Atlantique

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A Héric, au nord de Nantes, la Confédération paysanne de Loire-Atlantique tenait son meeting de fin de campagne le 22 janvier. A quelques jours de la clôture du scrutin, un exemple d’une campagne électorale chez le syndicat agricole qui se dit résolument optimiste.

Devant une salle de 200 personnes galvanisées, Marie-Noëlle Orain, secrétaire générale du syndicat, se félicite de la campagne menée : «Nous avons décidé d’être offensifs, de donner le tempo avec nos propositions. Aujourd’hui tout le monde s’accorde: nous perdons des éleveurs, la France se végétalise et il nous faut une PAC juste qui fixe des prix rémunérateurs pour ceux qui en ont besoin. Aujourd’hui, tout le monde nous emboîte le pas. » La Loire-Atlantique, dans laquelle la FNSEA était minoritaire jusqu’en 2007, est l’un des départements où le scrutin s’annonce serré. « Ces élections, c’est un grand point d’interrogation, scrute un couple de retraités de l’élevage. On espère un renouveau avec les jeunes et tous ceux qui ont envie de bouger. On est là pour soutenir un syndicat sans œillères.» Cette incertitude sur les résultats attise les rivalités historiques. Jean-Pierre Gasnier, un des trois élus du syndicat à la chambre, dénonce « le discours haineux » de l’équipe en place qui « use de l’argent de tous au service de quelques uns ». La critique de la gestion des chambres, axe fort de la campagne nationale, est ici exacerbée. Henri Baron, président de la chambre de 1976 à 1992 dit regarder les élections de loin mais regrette que les dirigeants « amalgament syndicat et chambre d’agriculture. La chambre, c’est l’office public, qui doit défendre tous les agriculteurs. Aujourd’hui ça se passe de moins en moins ainsi et on butte sur des ostracismes. »

Foncier, élevage, prix, redistribution

Bien que cette opposition frontale occupe tous les esprits, les organisateurs ont voulu façonner la soirée autour de leurs propositions, au centre desquelles le foncier, l’élevage, la défense de prix rémunérateur et une redistribution des aides PAC. Dominique Lebreton, tête de liste, a ainsi tenu à se montrer pragmatique et résolu en détaillant les premières mesures d’une chambre aux couleurs de son syndicat, hypothèse à laquelle il croit : « On vise la victoire, pas moins. Ça va être très serré mais on a toutes nos chances ». En retrait il y a six ans (32,8%, soit -6% par rapport à 2001), la Confédération paysanne locale a rénové ses pratiques notamment en adoptant la stratégie du porte-à-porte. « On a mené une bonne campagne de proximité, témoigne Pierre-Luc, militant dans le sud du département. Nos arguments autour de l’élevage et d’une juste répartition des aides sont au cœur de leurs problèmes ». Pour Marie-Noëlle Orain, un mouvement fort est en marche. Elle raconte qu’« un jour le ministre a dit “on n’arrête pas des paysans qui avancent”. Nous sommes les paysans qui avancent! Jusqu’à la victoire ! ».

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