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RESTRUCTURATION/ ALIMENTATION ANIMALE Fin de semaine décisive pour Continentale Nutrition

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Les quelque 670 salariés de Continentale Nutrition sont dans l'attente de leur sort, tant à Boulogne-sur-Mer qu'à Villeneuve-sur-Lot, celui-ci étant largement dépendant de la volonté du Crédit Agricole de soutenir un plan de reprise de l'entreprise.

LE Crédit Agricole doit faire connaître ce jeudi 6 février ses intentions concernant un soutien éventuel au projet de reprise de la société Continentale Nutrition de Boulogne sur Mer, en redressement judiciaire depuis mai dernier. Près de 400 salariés, accompagnés par plus d'une dizaine d'élus locaux, ont manifesté lundi 3 février devant le siège du Crédit Agricole pour protester contre le refus exprimé jusqu'alors par la banque verte de financer un plan de reprise présenté par le fonds Alandia, spécialisé dans le retournement d'entreprises. Ce fonds présidé par Nicolas de Germay, a proposé un plan de continuation d'activités, qui suppose l'apport de 23 millions d'euros pour moderniser les lignes de production. Il prévoit aussi un plan de sauvegarde de l'emploi, qui passe par la suppression de 140 à 180 postes, sur les 500 que compte le site. Les actionnaires Sodica-Idia, filiale du Crédit Agricole, et AgroInvest, le fonds d'investissement spécialisé dans l'agroalimentaire (dont des caisses régionales sont actionnaires aux côtés de Sofiproteol et BPI France), ont refusé la semaine dernière de participer au financement de ce plan, le seul proposé à l'administrateur. Sodica est sollicité pour 8 millions d'euros, somme qu'AgroInvest pourrait également apporter seulement si le Crédit Agricole est de la partie.

UN DÉLAI DE RÉFLEXION DE 48 HEURES

Une délégation d'une dizaine de salariés et d'élus ont été reçus pendant plus de deux heures par trois dirigeants du Crédit Agricole, Joseph d'Auzay, secrétaire général, Xavier Jeanjean, directeur des politiques sociales et Olivier de le Pelet directeur de Sodica. La banque verte a accepté de réunir sous 48 heures un conseil d'administration de Continentale Nutrition et de revoir le dossier. Ses dirigeants ont toutefois fait savoir que le projet de reprise ne leur semblait guère viable. A l'issue de cette réunion, une délégation a été reçue à Bercy par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, en présence du ministre des Transports, de la mer et de la pêche, Frédéric Cuvillier, ancien maire de Boulogne-sur-Mer. « Les deux ministres ont réaffirmé la grande mobilisation de l'État sur ce dossier et la nécessité de persuader le Crédit Agricole qu'il prenne la mesure de la responsabilité qu'il encourt si une décision positive n'est pas prise rapidement » indique un communiqué des élus du Boulonnais dont la députée du Pas-de Calais, Thérèse Guilbert . Dans le même temps, la Région Nord-Pas-de-Calais s'est engagée, par l'adoption en commission permanente d'une délibération de principe, à apporter son soutien financier au plan de continuation de l'entreprise. Un élu nous a fait remarquer que le Crédit Agricole, via ses filiales, était en partie responsable des difficultés de la société car il s'était peu impliqué dans la gestion de celle-ci. Il déplore également que la famille fondatrice Delpierre, dont un représentant est président du conseil d'administration, se soit également très peu mobilisé dans ce dossier.

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Lors de ces réunions, le sort de l'usine de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) n'a pas été évoqué. La société Villeneuve Pet Food, liée à Continentale Nutrition a été placée en procédure de sauvegarde depuis avril 2013. Les 154 salariés sont en attente d'une décision du tribunal de commerce d'Agen qui doit statuer sur l'offre de reprise déposée par l'allemand Deuerer. Continentale Nutrition souhaiterait que le sort des deux sites soit lié et non traité séparément, ce que ne souhaitent pas les syndicats de l'entreprise garonnaise, jugeant que celle-ci est viable et redoutent que si l'unité nordiste est relancée la production de leur site méridional soit dirigée vers le nord.