Le marché du sucre européen s'apprête à vivre un bouleversement majeur avec la fin des quotas, prévue pour 2017 (pour le saccharose et le glucose). Tereos est confiant face à l'approche de cette échéance, tout en reconnaissant avoir un problème de taille critique.
« SUDZUCKER (premier sucrier européen, ndlr) a 25 % des quotas européens et nous en avons 11 %, ce n'est pas le même écrasement des frais fixes, reconnaît Alexis Duval, président du directoire de Tereos. Mais nous sommes présents au Brésil, et nous sommes les seuls en Europe à nous être diversifiés dans le glucose », ajoute-t-il, se félicitant par exemple que Tereos soit le seul européen parmi les cinq fournisseurs stratégiques de Coca-Cola.
La France compétitive
Face à une consommation en croissance dans l'hémisphère sud, l'enjeu pour les sucriers européens n'est pas tant la hausse des volumes que celle de la compétitivité et la gestion de la dérégulation. « Les rendements en Allemagne sont 10 à 20 % moindres qu'en France, alors même que le potentiel de production est bridé », relève le jeune dirigeant de Tereos, dont la production hors quotas avoisine 50 % et qui estime à 20 % la hausse de production qui sera possible avec la fin des quotas.
Le sucre européen destiné au marché régional
La fin des quotas ne signifie pas une libéralisation totale du marché du sucre. Les droits de douane pour le sucre brésilien, par exemple, resteront élevés. « Les cahiers des charges spécifiques et la logique de flux tendus rendent la gestion des approvisionnements à distance compliquée, relève Alexis Duval. Le sucre européen devrait donc rester compétitif sur le marché européen, d'autant que la logique voudrait que les grands comptes s'approvisionnent en partie en Europe pour diversifier les risques. Il devrait aussi y avoir de l'espace sur les marchés régionaux et sur le pourtour de la Méditerranée, en revanche, nous ne serons jamais compétitifs en Asie. »
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Vers une consolidation en France
À court terme, le dirigeant mise sur une hausse de la production qui fera baisser les prix. Une situation qui, selon lui, ne devrait pas durer. « À moyen terme, la volatilité va augmenter et il y aura une alternance », estime-t-il. Ces déséquilibres devraient entraîner une consolidation, « en particulier dans les pays d'Europe de l'Est et du Sud », selon Alexis Duval. S'il ne s'exprime pas sur la France, la consolidation pourrait aussi y être nécessaire, bien que le marché soit déjà très concentré. « En France, les entreprises du secteur ont un problème de taille critique », reconnaît le président du directoire de Tereos.
Les groupes asiatiques se placent sur le marché
Pour les sucriers français, qui produisent plus que ce que consomme le pays, l'export est en enjeu déterminant (Tereos exporte déjà 60 % de sa production). Diversifié et internationalisé, le groupe coopératif regarde tout autant l'Europe que les pays émergents : « L'enjeu, c'est de valoriser notre savoir-faire sur des marchés qui se consolident ». Et de se positionner face à des asiatiques (Wilmar, Cofco, ou encore Indofood) à la politique de croissance externe très agressive.