Les grandes enseignes vont verser 50 millions d’euros par an aux couvoirs pour les aider à sélectionner les embryons des poules pondeuses.
La filière œuf n’a pas encore réussi à convaincre l’industrie agroalimentaire et la restauration. Pour l’instant, c’est à la grande distribution seule qu’il reviendra de couvrir les surcoûts liés à l’interdiction du broyage des poussins mâles à partir du 1er janvier 2023. Un accord interprofessionnel de deux ans a été trouvé pour que les grandes enseignes soutiennent les couvoirs à hauteur de 0,59 centime par œuf, a annoncé l’interprofession de l’œuf (CNPO) le 9 novembre. Le prix de gros de l’œuf se situe autour de 15 centimes l’unité. Chaque enseigne choisira la façon dont elle veut répercuter ce surcoût sur le consommateur.
Concrètement, ce seront les centres de conditionnement d’œufs qui collecteront la contribution auprès des enseignes, la reverseront au CNPO, qui la distribuera aux couvoirs (cinq entreprises en France), à hauteur de 1,1 € par poussin sexé. Pour mettre en œuvre cette cotisation, le CNPO sera notamment épaulé par FranceAgriMer pour suivre l’évolution des coûts durant la période. Réglementairement, un arrêté reste à paraître, qui devrait encadrer le devenir des poussins mâles qui pourront continuer d'être éliminer pour certaines filières d'alimentation animale (ex. zoos).
Cette contribution devrait permettre de couvrir les 50 millions d’euros de surcoûts subis chaque année par les couvoirs pour sélectionner les embryons des futures poules pondeuses, 12 à 14 jours après le début de l'incubation. La technique permettra d’éviter le broyage de 50 millions de poussins mâles chaque année, dont le sort avait été mis en lumière en 2015 par l’association L214.
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L’Allemagne a perdu des couvoirs
L’interdiction du broyage des poussins mâles fut d’abord annoncée pour 2024 par le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert, puis rapprochée à la fin 2021 par son successeur Didier Guillaume, avant d’être finalement reportée par Julien Denormandie. Pour aider la filière, le ministère de l’Agriculture avait d’abord financé les travaux de recherche et développement d’entreprises françaises dans le sexage in-ovo, qui n’ont pas abouti. Il a ensuite financé les travaux liés à l’installation de machines de sexage, pour un montant de 10 millions d’euros.
Autre pays en pointe sur le sujet en Europe, l’Allemagne a tenu son engagement plus tôt que la France, mais y aurait perdu une partie de ses couvoirs, s’inquiète le CNPO. L’interprofession soutient donc vivement les efforts du gouvernement dans sa volonté de généraliser la fin du broyage à toute l’Europe. En vue, la réforme de la réglementation européenne sur le bien-être animal, qui doit être discutée fin 2023. Autre filière concernée par le broyage, la filière foie gras s’est engagée à y mettre fin (pour les canetons femelles) à horizon 2025.