La filière oléoprotéagineuse, « sans solutions » face à la non-réapprobation européenne de l’insecticide phosmet, a pressé le 28 janvier les pouvoirs publics d’ouvrir « rapidement » la voie à des alternatives. Elle demande que « l’instruction de la dérogation pour l’utilisation dès 2022 du cyantraniliprole, seule alternative efficace connue, soit rapidement conclue », d’après un communiqué commun de la Fop (producteurs, FNSEA), Terres Inovia (institut technique) et Terres Univia (interprofession). Une autre piste réglementaire est de permettre « un apport adapté de fertilisant azoté dès l’automne afin d’obtenir des colzas robustes, plus résistants face aux bioagresseurs ».
Le ministère de l’Agriculture voit d’un bon œil la mise en place d’une dérogation pour le cyantraniliprole, indique-t-il à Agra Presse. Ce type de mesure est fréquent pour d’autres productions, d’après lui. Il s’agit d’une dérogation de 120 jours maximum au titre de l’article 53 du règlement européen sur les phytos, comme celle accordée aux néonicotinoïdes en betterave. Terres Inovia rappelle ses expérimentations sur le cyanthraniliprole, depuis quelques années. « Les travaux actuels avec la société Syngenta, aussi bien sur le volet technique que réglementaire, nous permettent d’envisager une solution pour l’automne 2022 qui couvrirait les situations les plus critiques dans certains contextes particuliers », d’après son communiqué du 27 janvier.
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Un plan d’action sur des alternatives au phosmet est en place, et 2,5 millions d’euros d’enveloppe additionnelle lui sont consacrés par l’État, avait annoncé le 24 novembre Denormandie. « Toutes les solutions » alternatives sont étudiées, souligne le ministère. Parmi elles, le « concept prometteur de colza robuste » s’appuie sur des pratiques agronomiques, notamment la fertilisation à l’automne.