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Firmenich s’invite au capital de Robertet

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Le suisse Firmenich a annoncé son entrée au capital du français Robertet à hauteur de 17 %. S’il se déclare prêt à prendre une participation majoritaire, la famille Robertet, premier actionnaire de l’entreprise, a réaffirmé son attachement à son indépendance.

La consolidation dans le secteur des arômes et des parfums n’est peut-être pas encore terminée. Le suisse Firmenich a en effet annoncé le 26 septembre avoir conclu un accord avec le fonds de pension américain First Eagle "en vue de l’acquisition de la participation détenue par ses clients dans Robertet, représentant environ 17 % du capital", indique-t-il dans son communiqué. Et de préciser que cette transaction "au prix de 683,30 € par titre" (composé d’actions et de certificats d’investissements) représente un montant global "d’environ 270 millions d’euros". Une offre à un prix supérieur au cours de Bourse du 25 septembre qui a fait bondir le titre Robertet de plus de 6 %.

Les intentions de Firmenich, une entreprise familiale plus que centenaire comme Robertet, sont on ne peut plus claires. Le groupe se déclare prêt à « devenir un actionnaire passif à long terme de Robertet aux côtés de la famille Maubert ». Il ajoute également être disposé « à avoir des discussions amicales en vue d’une participation plus large ou d’établir une collaboration à long terme ». Et pour finir, le suisse souligne qu’au cas où il serait invité à le faire, "il pourrait également envisager de prendre une participation majoritaire dans Robertet ".

Une indépendance non négociable

Or, Robertet ne l’entend pas tout de cette oreille. Par un communiqué daté du 27 septembre, le groupe familial, tout en prenant acte de l’arrivée de ce nouvel actionnaire, a immédiatement réaffirmé ses positions. "Robertet a le plus grand respect pour la société Firmenich, acteur essentiel de l’industrie des parfums et des arômes. Dans cette prise de participation, il ne faut voir aucune volonté de rapprochement ni de collaboration avec ce nouvel actionnaire", explique ainsi l’entreprise située à Grasse. Et pour être certain de s’être bien fait comprendre, Philippe Maubert, son p.-d.g. enfonce le clou : « L’indépendance de notre société n’est pas négociable. ».

Au 31 décembre 2018, le capital de Robertet était majoritairement entre les mains du groupe familial Maubert avec 46,90 % du capital et 67,62 % des droits de vote (DDV), alors que First Eagle Actions, présent au capital depuis une dizaine d’années, détenait 22,84 % (12,66 % des DDV), le solde étant dans le public, soit des institutionnels soit des petits porteurs. Dans son communiqué du 27 septembre, Robertet précise d’ailleurs que ce changement d’actionnaires "ne modifie en rien la politique d’indépendance et la stratégie du groupe ".

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Un secteur en pleine concentration

Entreprise assez discrète pour qui n’est pas du sérail, Robertet a dévoilé mi-septembre de solides résultats pour le premier semestre 2019. Son Ebitda s’élève à 52,17 M€, en hausse de 13,7 % (9 % avant incidence de la norme IFRS16), pour un chiffre d’affaires de 287,71 M€, en croissance de 6,2 % (4 % à taux de change constant). Avec un résultat net de 29,42 millions d’euros, la marge nette ressort à 10,2 % sur ce semestre (9,7 % un an plus tôt), un niveau de rentabilité dont peu de secteurs peuvent se targuer.

Les cartes ont été rebattues depuis les dernières opérations de concentration. Ainsi, après la prise de contrôle par l’américain IFF (4 Mrd$ de chiffre d’affaires en 2018) de la société israélienne Frutarom, Firmenich (3, Mrd CF) s’est retrouvé à la troisième place. Il était auparavant le numéro deux derrière son voisin le suisse Givaudan (5,5 Mrd CHF) qui a quant à lui racheté le français Naturex en 2018. Robertet de son côté, avec un chiffre d’affaires de 525 M€ en 2018, se situe dans le top ten des spécialistes des arômes, parfums et ingrédients.

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